Un plongeon pour le Vanuatu

En route pour le Vanuatu

En route pour le Vanuatu

En quittant l’Australie pour le Vanuatu nous savions déjà qu’une aventure hors du commun nous attendait, mais nous n’imaginions pas encore à quel point.

Arrivés à Port-Vila la capitale peu avant minuit nous devions encore attendre le petit matin pour nous envoler vers Espiritu-Santo une autre île de l’archipel. Peu entrain à payer une nuit d’hôtel pour quelques heures nous décidons de rester rôder autour de l’aéroport. Nous ne tardons pas à sympathiser avec un groupe de jeunes locaux qui nous invitent à s’asseoir avec eux. C’est le groupe de musiciens traditionnels qui est engagé par l’aéroport pour accueillir les voyageurs. La musique et les discussions sur le Vanuatu nous font tenir jusqu’au petit matin qui correspond à l’ouverture de l’aéroport. Le voyage était lancé.

Après avoir pesé les bagages et les passagers le verdict tombe nous sommes trop lourds…

L'Embarquement pour Espiritu Santo

L’Embarquement pour Espiritu Santo

C’est donc à bord d’un deuxième petit avion que nous embarquons tranquillement. À peine dix dans ce petit « Coucou », l’esprit d’aventure est à fond.

À bord du petit coucou

À bord du petit coucou

Nous voilà prêts à découvrir Espiritu-Santo, une des plus belles îles de l’archipel.

Marqués par la fatigue, la chaleur étouffante et le manque de repères culinaires nous profitons du cadre idéal de notre Guest House pour reprendre tranquillement nos marques.

Notre Guest House

Notre Guest House

Puis, rapidement nous faisons de belles rencontres en nous baladant autour de Luganville la seule « ville » de l’île.

Le Vanuatu présente la particularité d’avoir été la seule colonie au monde à avoir été gérée conjointement par deux puissances, la France et l’Angleterre de 1904 à 1980. Ce Condominium Franco-Britannique explique le fait qu’aujourd’hui encore une partie de la population parle français.

À la découverte de la Coutume

Attirés par des femmes qui font cuire des fruits nous nous approchons d’une cabane près de la route. Chef Pierre vient à notre rencontre pour nous présenter une figure locale, chef Jean-Paul.

Première rencontre avec Ryan, Chef Pierre et Chef Jean-Paul

Première rencontre avec Ryan, Chef Pierre et Chef Jean-Paul

La soixantaine, chef Jean-Paul est le descendant d’un français venu en Nouvelle-Calédonie il y a 150 ans. Imprégné de la culture NiVan par sa mère et par son père qui a adopté la « coutume », chef Jean-Paul est un fervent défenseur des traditions NiVans. C’est donc le parfait interlocuteur pour appréhender ce monde encore inconnu à nos yeux. L’introduction à la culture NiVan commence comme il se doit par un shell de Kava, c’est à dire une louche de kava servi dans une demi noix de coco. Mais le Kava c’est quoi?

Le kava c’est une boisson traditionnelle du Vanuatu concoctée avec la racine d’une plante, le Poivrier Sauvage. Utilisé depuis au moins deux milles ans dans la vie religieuse, politique ou culturelle, pour ses vertus anesthésiantes et relaxantes, son utilisation s’est répandue à l’ensemble de la société depuis une trentaine d’années. On dit même que son développement aurait été impulsé par les politiques de l’époque au moment de l’indépendance du pays, pour remplacer la consommation de Whisky par celle du Kava histoire de calmer les esprits.

Et en effet après quelques shells, une fois passé le goût carrément désagréable du kava, nous commençons à sentir ses effets relaxants. Assis ensembles nos discussions passionnantes sur le Vanuatu sont rythmées toutes les demi-heures par la fameuse phrase : « Bon on va aller prendre le Kava ? ». La prise du Kava est à chaque fois une petite cérémonie codifiée.

Postés debout en demi cercle chacun à notre tour nous prenons notre shell puis chef Jean-Paul fait un petit discours. Avec un ton très solennel Jean-Paul évoque notre rencontre et nous souhaite la bienvenue au Vanuatu, puis c’est à notre tour de nous exprimer. Le kava est systématiquement dédiée « Aux anciens », c’est-à-dire à tous les anciens chefs du Vanuatu garants de la Coutume. « Aux anciens », c’est la phrase qui précède chaque prise de kava avec Jean-Paul, autant dire qu’une fois ces deux mots prononcés aucune marche arrière n’est possible il faut boire d’une traite ce breuvage au goût si particulier que même les locaux s’accordent à considérer comme dégoûtant.
Chef Pierre nous fait déguster les fameux fruits à pain que les femmes faisaient cuire dans le feu puis nous offre toute sorte de mets locaux que les femmes viennent vendre sur le marché traditionnel dont il est le directeur. La soirée se termine par une invitation, celle de chef Jean-Paul qui tient à nous convier le lendemain à une cérémonie dans le Nakamal qu’il a construit chez lui. Le Nakamal est le nom du lieu où l’on boit le Kava.

Fier de cette invitation nous retrouvons donc chef Jean Paul le lendemain derrière le Nakamal qu’il a construit, dans un lieu sacré autour d’un immense arbre très symbolique pour la culture NiVan. Témoin des changements récents que son pays est en train de vivre et de ces dérives, influence grandissante des puissances économiques voisines, Chine, Australie, Nouvelle-Zélande et Etats-Unis sur font de corruption de la classe politique locale, mais aussi déruralisation des campagnes au profit des villes et les changements radicaux de mode de vie qui l’accompagne, Chef Jean Paul se bat pour que le Vanuatu se développe sans compromettre ses racines et sa coutume.

Nous assistons à la cérémonie avec Chef Pierre qui nous a rejoint. Jean-Paul allume le feu puis nous tend une racine de kava que nous allons mâchouiller. Jean Paul frappe avec un morceau de bois un énorme totem sculpté planté devant l’arbre. Le totem creux résonne très fortement nous plongeant immédiatement dans une ambiance mystique captivante. Jean-Paul parle aux anciens, il leur explique notre venu et leur demande de nous aider tout au long de notre voyage à trouver ce que l’on était venu chercher à savoir, sortir de notre statut de touriste pour vivre avec les NiVans et comprendre au mieux leurs cultures.

À la fois ravis et impressionnés de l’honneur qui nous est fait nous sommes également invités à partager quelques paroles avec les anciens. Chacun fait son petit discours de manière très solennelle puis nous avalons le jus de kava issue des racines machouillées et crachons le reste pendant que Jean-Paul frappe à nouveau le totem sacré pour clôturer la cérémonie.

Nous poursuivons la journée et la soirée par de nombreux kavas partagés avec la petite équipe.

Très fiers d’avoir été conviés à de tels moments nous étions ravis de la tournure que prenait le séjour car dans le même temps nous commencions à sympathiser avec Josianne et sa fille Doris chez qui nous logions en Guest House.

Des hôtes de choix

Après nous avoir régulièrement ramené des fruits du marché puis invité à partager un Lap lap, repas traditionnel avec la famille,

Préparation du Lap Lap

Préparation du Lap Lap

Doris et sa mère décident de nous réserver une petite surprise pour le lendemain après-midi en nous emmenant au Blue Hole, une des merveilles du Vanuatu. Mais Dimanche oblige, c’est à la messe que nous commençons la journée le lendemain, sur invitation de la famille. Nous acceptons persuadés que l’expérience est à vivre d’autant plus que cela sera la première fois que nous assistons à une messe. Mes connaissances plus qu’approximatives en terme de religion ne tarderont pas à éclater au grand jour lorsque par excès de zèle j’ose confondre Jésus et Sainte-Thérèse sur la statue qui se dresse en face de l’église.

La cérémonie commence et déjà beaucoup de choses contrastent avec l’image que j’ai de ces lieux en France. L’intérieur de l’église est blanc et très lumineux, les murs sur les côtés comportent de larges ouvertures tous les 50 cm pour aérer et faire rentrer la lumière, les robes colorées des femmes et les chants interprétés avec vigueur par toute l’assemblée apporte à la cérémonie une vitalité impressionnante.

Un dimanche matin à la messe

Un dimanche matin à la messe

La messe achevée c’est en début d’après midi que nous embarquons pour Ri Ri Blue Hole à 20 km de notre Guest-House. Célèbres pour leur incroyable couleur bleue ces grands trous d’eau douce sont l’une des fierté de l’île. En nous approchant nous nous régalons déjà de la magnifique couleur de l’eau douce qui se jette dans le mer.

Rivière proche du Ri Ri Blue Hole

Rivière proche du Ri Ri Blue Hole

Nous finissons le chemin à pied. La couleur de l’eau est irréelle et donne au lieu un caractère magique.

Le fameux Blue Hole avec le petit cousin

Le fameux Blue Hole avec le petit cousin

Après quelques minutes d’observations nous n’avons qu’une envie nous y baigner !

Entre les masques et tubas et la corde, l’après-midi est un vrai régal.

Petit plaisir

Petit plaisir

Doris en profite pour nous présenter ses amis durant la semaine. Les soirées barbecues dans le jardin s’enchainent. Nous sommes tellement bien à Luganville que nous décidons d’y rester quelques jours encore.

Nous en profitons pour aller d’avantage dans les terres et rencontrer les habitants de Fanafo un village traditionnel.

Les enfants du village de Fanafo

Les enfants du village de Fanafo

Nous participons également à la cérémonie organisée pour la fête des mères durant laquelle chaque île de l’archipel vient présenter ses danses et ses chants.

Danse lors de la cérémonie de la fête des mères

Danse lors de la cérémonie de la fête des mères

Une après-midi Doris décide de nous faire visiter les locaux de l’association des jeunes de Luganville. Ce lieu très apprécié de la jeunesse locale propose de nombreuses activités du Hip Hop au Théâtre en passant par la Couture et la Musique. L’espace abrite également un petit dispensaire à la fois lieu d’écoute et de soins. Le tour du propriétaire est l’occasion de rencontrer chacun des acteurs de l’association, puis instinctivement nous sommes attirés par la musique qui vient du petit bâtiment en face de nous.

Une fois entrés, nous découvrons un groupe de jeunes musiciens locaux particulièrement doués. Grâce aux dons de certains pays voisins et aux aides de l’Etat Vanuatais l’association a pu s’équiper en instruments de musique et amplis pour le plus grand plaisir des jeunes de Luganville. Ici, c’est le Reggae qui inspire les musiciens. Une douce atmosphère de Jamaïque s’installe dans la pièce. Impressionné par leur sens de l’improvisation et leur excellente oreille musicale je ne résiste pas à l’envie d’aller jouer avec eux. Cette rencontre aussi soudaine qu’imprévue restera un souvenir très fort.

Il était maintenant temps pour nous de quitter Luganville pour une destination un peu plus exotique. Direction Port-Olry un village de pêcheur à l’extrême nord de l’île.

Port-Olry, une semaine au paradis

Nous prenons soin de laisser dans la Guest House où nous avions logé, nos affaires les plus encombrantes pour ne garder que le strict nécessaire. Une fois en ville nous négocions avec deux habitants de Port-Olry qui viennent à Luganville tous les jours pour approvisionner le village de nous ramener avec eux en soirée pour un prix raisonnable. Une heure de voiture suffit à nous faire traverser l’île et nous voilà à l’entrée du village. Nous descendons sans trop savoir où aller. Il y a bien deux ou trois petits bungalows en bois disponibles pour les touristes que le chauffeur nous a indiqué à l’écart du village mais cela ne nous dit trop rien. Nous sommes venu chercher davantage d’authenticité. Notre tente et nos deux sacs sur le dos nous avançons au cœur du village à la recherche de l’endroit idéal pour bivouaquer.

Le village est au bord de la mer et suit la courbe de la plage. Le cadre est d’une beauté incroyable et nous avons en prime le charme d’un village de pêcheur traditionnel. Pendant que nous marchons sur le sable nous croisons deux pêcheurs qui mettent à l’eau leur pirogue avant de s’en aller pêcher autour du récif de corail.

Vue de Port-Olry

Vue de Port-Olry

Soucieux de respecter les codes locaux nous attendons le retour d’un des chefs du village pour lui demander où nous pouvons installer notre tente. Le chef en question s’appelle Tarcisius. Il vient nous accueillir après son retour de la ville. Très gentil, il propose qu’on s’installe en face de son habitation, c’est-à-dire en plein centre du village le plus près possible de l’eau.

Le campement

Le campement

À peine le temps de nous installer et la nuit tombe soudainement. Nous ne tardons pas à aller dormir.

La vue de la tente au petit matin est sublime.

Vue de la tente au petit matin

Vue de la tente au petit matin

Nous vivons au rythme du village, l’atmosphère y est paisible et agréable. Il n’est pas rare en effet de se réveiller avec le bruit de la mer et des enfants qui s’amusent avant d’aller à l’école.

Les enfants du village jouent dans l'eau

Les enfants du village jouent dans l’eau

La journée commence par une petite ballade pour admirer le cadre,

Vue à Gauche de la tente

Vue à Gauche de la tente

Vue à Droite

Vue à Droite

puis la couleur de l’eau et sa température indécente finissent de nous convaincre qu’il est temps d’aller chercher masque et tuba pour une session de plongée. Nous avions acheté le matériel de plongée en Australie la veille du départ pour le Vanuatu et ne pouvions rêver meilleur spot pour en profiter. Le soleil est écrasant, nous sommes mieux dans l’eau. Direction l’îlot en face du village qui est entouré de coraux.

Les fonts sont superbes. Je m’amuse à observer les poissons clowns et leurs interactions avec les anémones de mer. C’est un peu dans la peau de Robinson Crusoe que nous posons le pied sur la petite île en face du village. Nous traversons l’île puis profitons à nouveau des coraux de l’autre côté. Les heures passent et nous ne nous rendons pas compte que derrière l’illusion de fraicheur que provoquait la mer le soleil lui ne se privait pas pour nous bruler copieusement la peau. C’est au cours de la soirée que nous observons progressivement l’ampleur du massacre. Il va sans dire que le programme des jours à venir allait être quelque peu aménagé pour les deux crustacés que nous étions devenus.

Retour à l’école

Le lendemain le soleil devenant vite un calvaire pour nous la plage et la plongée étaient mises en stand-by au profit d’une ballade dans le village à la recherche d’un endroit accueillant.

Nous grimpons la bute où se trouve l’église qui surplombe le village. En bas se trouve l’école primaire.

Vue des hauteurs du village

Vue des hauteurs du village

À oui avant toute chose, il faut que je vous parle un peu de l’histoire de Port-Olry car elle est particulièrement intéressante. Les premiers à s’installer à cet endroit sont des missionnaires français venu évangéliser les populations locales en 1887. Sans doute pas tout à fait rassurés par les histoires de cannibalismes présentent dans la région ils s’installent dans un premier temps sur la petite île en face du village avant de rejoindre l’endroit où se trouve le village aujourd’hui. Progressivement quelques familles locales habitant les montagnes à l’arrière du village, sont séduites à l’idée d’offrir à leurs enfants une éducation via la paroisse. Des familles commencent alors à quitter les montagnes pour s’installer autour de la mission et être ainsi plus près de l’école. Le village de Port-Olry se développe alors peu à peu. La mission étant française l’éducation offerte aux jeunes du village a été et reste encore francophone aujourd’hui. Voilà pourquoi nous avons la chance de pouvoir parler français avec la plupart des habitants du village ce qui favorise grandement notre intégration.

C’est sous un soleil de plomb que nous poursuivons notre chemin de croix, à la recherche d’un abri vers l’école. C’est de l’ombre et de la fraicheur de la bibliothèque de l’école Sainte-Anne qu’est venu notre salut. La curiosité nous pousse en effet à franchir la porte ouverte de cette petite salle où bancs et livres semblent n’attendre que nous. Pris d’une passion surprise pour la lecture, on se délecte avec Maupassant et Sartre tout en découvrant Tolstoï et Céline. Les livres provenaient de dons fait de Nouvelle-Calédonie et composaient une riche collection pour le moins hétéroclite allant de la biographie de Patrick Bruel aux plus grands classiques de la littérature mondiale en passant par les meilleurs anecdotes de Gendarmes signées Christophe Dechavanne.

Plongés dans nos lectures l’après-midi passe sans que nous ayons bougé un orteil. Les rats de bibliothèque que nous étions devenus ne tardent pas à éveiller la curiosité des enseignants dont la salle de réunion se trouvait à côté de la notre. Cyriaque professeur de Mathématique et vice directeur de l’établissement est le premier à venir nous voir. nous avons peur de gêner mais c’est en fait eux qui ne veulent pas nous troubler dans notre lecture. Adorable, il nous félicite pour notre sérieux et nous souhaite la bienvenue.

C’est par hasard que le soir même nous recroisons Cyriaque alors que nous nous baladions dans le village sans lumière. Nous discutons et lui faisons part de notre envie d’assister à un cour au collège par curiosité. Bien décidé à poursuivre nos lectures nous nous donnons rendez-vous le lendemain à la bibliothèque.

Fidèles au poste nous retrouvons nos ouvrages le jour suivant avant que Cyriaque ne nous invite à assister à son cour de Maths. Cyriaque nous présente alors à sa classe de 4ème en nous dressant un portrait très flatteur. On se présente ensuite chacun à notre tour pour expliquer un peu notre parcours et ce qui nous a amené à venir ici. Cyriaque en remet une couche en nous présentant comme des modèles à suivre. Ce statut ne tardera pas à être écorné par un gros raté lors de la résolution d’une équation que Cyriaque m’avait gentiment demandé d’effectuer au tableau.

Au tableau Mr Gourven!

Au tableau Mr Gourven!

Il étouffa poliment l’histoire en un « vous voyez les enfants même les grands peuvent parfois se tromper ». Ça nous a bien fait rire.

Je suis réquisitionné par Cyriaque pour la fin de la journée. Il faut créer des adresses mails pour l’école et tous les professeurs, régler quelques soucis de connexions et expliquer un peu comment se servir du nouvel outil. En effet, Internet vient d’arriver il y a tout juste deux semaines et au prix où l’école paye son lien vers le monde il serait dommage de ne pas furieusement exploiter la bête. Ravi de participer à la vie de l’école nous attendons patiemment le retour de l’électricité.

Situé trop loin de la ville, le village n’est pas raccordé au réseau électrique mais a trouvé une solution pour le moins novatrice pour palier ce problème. Le village produit sa propre électricité grâce à des groupes électrogènes fonctionnant avec de l’huile de coco produit localement. Ce système permet au village de bénéficier d’électricité le matin de 7h à 9h et le soir de 18h à 21h environ. Ces horaires limités associés à la vitesse de connexion extrêmement lente rendent la tâche beaucoup plus longe que prévu et prolonge ainsi notre présence pour les jours à venir. Nous devenons peu à peu le service technique informatique de l’école.

The IT Crew

The IT Crew

Nous décidons de parfaire notre intégration en jouant aux élèves un peu de guitare à la récréation. Les jeunes et les professeurs nous entourent pour mieux nous écouter. Cyriaque en profite même pour montrer tout son talent à ses élèves ravis.

Cyriaque devant les élèves

Cyriaque devant les élèves

Pour le midi on est invité à manger chez Cyriaque. Il habite tout près de l’école. Touché par notre contribution à la vie de l’école il est au petit soin avec nous. Le repas partagé avec ses enfants est suivi de quelques morceaux de guitares dont celui-ci à propos du Vanuatu et du Kava que Cyriaque nous chante en Bislama la langue nationale.

Cyriaque nous demande ce que nous voulons faire l’après-midi. Nous lui expliquons qu’un de nos rêves serait de faire de la pirogue dans le lagon. Port-Olry est le lieu idéal pour cela puisque c’est un village de pêcheur il compte un grand nombre de pirogues.

Découverte de la navigation en pirogue

Fabrication de pirogues au village

Fabrication de pirogues au village

À peine le temps d’évoquer le sujet que Bais, le fils du voisin, organise tout. Il est ravi à 10 ans à peine de nous faire découvrir la pirogue.

Découverte des alentours en Pirogue

Découverte des alentours en Pirogue

Nous embarquons tous les trois direction la grande île au large de Port-Olry où s’étaient installés les missionnaires à leur arrivée. La sensation de naviguer en pirogue est très agréable. Pas un bruit sinon celui de la rame sur l’eau. Sans forcer Bais nous fait avancer très rapidement jusqu’à l’île. Malgré son jeune âge il a toujours beaucoup de choses à raconter. C’est un guide de premier choix sur cette île à l’atmosphère mystérieuse. On observe avec étonnement les modestes vestiges d’une ancienne église au milieu des cocotiers. L’île comporte également un très haut plateau de plusieurs centaines de mètres où la descendance des vaches amenées par les missionnaires vit toujours à l’état sauvage. Après une ballade près du Lac la nuit tombe et il est temps de rentrer.

Le lendemain matin, Bais vient à notre tente nous réveiller car il vient de récupérer une pirogue plus grande que la veille et nous propose de remonter la rivière. L’invitation est adorable et nous l’acceptons avec plaisir. Le neveu de Cyriaque se joint à nous. À bord de la grande pirogue nous remontons la rivière au nord du village. Le paysage change peu à peu et laisse place à la mangrove où les poissons abondent. Nous observons le mini trou bleu puis revenons en mer pour aller voir de plus près les restes d’une vieille épave échouée sur les coraux.

Peu avant d’arriver à l’épave nous apercevons une grosse tortue. Seuls quelques grandes structures en fers rivetés restent du navire. On prête à nos deux jeunes collègues masques et tubas qu’ils essayent pour la première fois. Ils sont ravis. L’orage arrive et nous nous dépêchons de regagner le village. La pirogue est de plus en plus secouée par les vagues et l’équipage semble un peu trop lourd pour elle. C’est au moment où je fais une blague de mauvais goût sur Guy Carlier que l’embarcation chavire lamentablement. Fou rire garanti. Nous décidons de rentrer à la nage pour délester la pirogue en souffrance. Arrivés à bon port nous nous hâtons de prendre part à un événement qui avait mobilisé une bonne partie du village tout au long de la semaine. Retour donc sur cet événement particulier où nous étions conviés.

Les cents jours

Rien à voir avec Napoléon et ses cents jours, cette fête marquait les 100 jours du décès de la mère des chefs du village. Tarcisius l’un des fils organisait l’événement qui devait réunir une grande partie du village autour d’un Lap Lap. Dès notre arrivée Tarcisius avait tenu à nous inviter à la fête le dimanche. Touchés par l’invitation nous décidons de prolonger notre séjour pour y assister.

Notre camp de base placé idéalement nous avons la chance de suivre au jour le jour les préparatifs de la fête. Ce sont les cochons qui ouvrent le bal en se positionnant autour de notre tente un matin. Ils sont trois à êtres attachés aux arbres et on devine assez vite que la fin de semaine ne sera pas aussi agréable pour tout le monde.

Cochon en sursis

Cochon en sursis

Puis les hommes et les femmes du village se relaient pour fendre les bûches de bois et préparer le feu. Le mode de cuisson est très intéressant, un rond est creusé dans le sol dans lequel sont placés les morceaux de bois. Ils sont brûlés puis les pierres rondes sont disposées au dessus.

La préparation du feu

La préparation du feu

Les morceaux de viandes et les légumes sont ensuite entourés dans des feuilles de bananiers avant d’être placés sur les pierres brûlantes.

Le samedi matin les veaux sont découpés autour de notre tente à une vitesse impressionnante.

La découpe des veaux

La découpe des veaux

Accrochés aux arbres les morceaux de viandes rendent fous les chiens du village qui ramassent à l’occasion quelques coups de bâton lorsqu’ils tentent une approche trop grossière.

Le dimanche c’est au tour des cochons. Nous assistons à la scène impressionnante de la mise à mort. Pour les petits cochons piégés dans la forêt aux abords du village un coup de masse suffit mais c’est bien le plus gros d’entre eux qui pose souci. Celui est spécialement venu de Malo une petite ile en face de Luganville réputée pour ses cochons. Énervé par le remue ménage autour de lui il est particulièrement nerveux. Cela rend particulièrement risquée une approche de dos avec la masse. En effet une charge de l’animal avec ses défenses très coupantes pourrait provoquer de sérieuses blessures aux jambes.

Pendant dix minutes la masse tendue en l’air des deux mains Nicholson attend le moment idéale pour asséner le coup fatal. Après deux tentatives ratées qui n’ont eu pour résultat que d’énerver un peu plus encore l’animal, la décision est prise d’aller chercher le fusil. Il faudra deux balles pour venir à bout de ce cochon sauvage à la résistance spectaculaire. Une fois saigné à la machette l’animal est lavé quelques mètres plus bas dans la mer qui prend localement des allures de Saint-Barthélémy au plus grand étonnement des rares touristes Australiens venus exceptionnellement se balader sur la plage. Les poils des cochons sont ensuite brûlés puis enlevés à la machette.

Les poils des cochons sont brûlés

Les poils des cochons sont brûlés

Le cochon est alors découpé d’une manière très particulière que Tarcisius nous invite à regarder attentivement. La manière occidentale consiste à découper l’animal de la tête en bas en formant deux demis cochons symétriques. La spécificité du village quant à elle est de découper la bête en deux au milieu laissant une partie avec l’avant puis une autre avec l’arrière de l’animal. L’art de la découpe est réservé à des spécialistes qui s’exécutent sous l’œil avisé des chefs du village. En effet la découpe parfaite de l’animal est une obligation en signe de respect envers la famille et les anciens.

Tarcisius a insisté pour que nous mangions avec l’équipe qui préparait la cérémonie à chaque repas durant le week end. On se rend donc dans la hutte où les hommes du village se retrouvent, ils nous servent le repas dans une grande feuille de bananier.

Les assiettes

Les assiettes

Les doses de riz, choux et viandes sont monstrueuses. Je vous laisse imaginer la taille de la marmite avec la feuille de bananier à côté.

Le repas est tout simplement divin.

L'énorme gamelle

L’énorme gamelle

La viande est délicieuse et le chou mariné savoureux. Les gens du village sont vraiment au petit soin avec nous.

Le dimanche soir chaque repas est soigneusement enroulé dans une feuille de bananier pour le maintenir au chaud le temps de boire tous ensemble le kava préparé dans la journée. J’en profite pour sortir la guitare comme je l’avais promis à Nicholson.

Au Vanuatu les deux chanteurs français les plus populaires sont Mike Brant et Frédéric François. Ne connaissant ni de près ni de loin le répertoire de Frédéric je m’aventure du côté de chez Mr Brant. La seule chanson que je peux bricoler est « Qui saura ». La scène est géniale je me retrouve à chanter du Mike Brant accompagné par le chef du village et ses amis assis autour de moi. Une fois la musique et le Kava terminé chacun retrouve son repas. Mais tout à coup stupeur, on découvre qu’on s’est fait tiré le notre par les chiens du village. Seul la feuille de bananier éventrée reste sur le sol. Nos amis encore une fois exemplaires, arrivent de justesse à nous trouver une part qui restait disponible. Les généreux morceaux de viande, les patates douces et le lait de coco sont un régal.

C’est notre dernière soirée à Port-Olry et le séjour au Vanuatu touche également à sa fin. Nous passons la soirée avec nos amis de l’école.

Dernière soirée avec Cyriaque, Berthier et Nicholson

Dernière soirée avec Cyriaque, Berthier et Nicholson

Puis, non sans émotions nous leurs disons au revoir et les remercions pour leur formidable accueil.

C’est le lendemain à l’aube que nous quittons le village. Puis quelques jours plus tard il est déjà temps de quitter le Vanuatu.

Il nous faut quitter ce pays magnifique et ces gens si attachant. C’est pourtant l’esprit léger que nous partons car ce voyage nous a gâté bien au-delà de nos espérances.

Une dernière grande aventure

Pêche traditionnelle au Vanuatu

Pêche traditionnelle au Vanuatu

Voilà sept mois et demi que je suis sur la Grande Terre Australe. La fin de l’aventure approchant à grands pas une question pointe le bout de son nez : « Que faire de ces deux derniers mois pour clôturer en beauté cette expérience unique ? »

Une des possibilités est de continuer d’explorer l’Australie en attendant que la fin du voyage arrive. Bien qu’un chouilla séduisante cette proposition manque tout de même cruellement de panache. Puis, un jour, en prenant un peu de recul, j’ai pris conscience que je me trouvais dans une région du monde assez fantastique : quelque part entre l’Asie du Sud Est et les îles du Pacifique. Avouez que ce serait pêcher de ne pas en profiter.

C’est avec Alban, un ami de longue date également en Australie, que nous préparons ce dernier périple (tout en profitant de nos derniers moments à Sydney avec nos amis Taïwanais).

Hot Pot repas traditionnel Chinois

Hot Pot repas traditionnel Chinois

Tout y passe, Hawaï, la Mongolie, les Etats-Unis mais après quelques jours (et une visite de courtoisie sur nos comptes en banque) trois pays sortent du lot. Alban choisit l’île de Bali en Indonésie, je choisis le Vanuatu et nous tombons d’accord sur la Thaïlande.

Ce sera donc dans l’ordre quatre semaines au Vanuatu, 12 jours à Bali et 2 semaines et demi en Thaïlande.

Parmi ces trois destinations le Vanuatu est sans doute la moins connue. Quelques mots alors pour présenter cet archipel que l’on appelle également le « pays des gens heureux ».

Au large du Pacifique sud le Vanuatu est situé entre la Nouvelle Calédonie et les Fidji, à environ 1 700 km à l’est de l’Australie.

Vanuatu on the globe

Vanuatu on the globe

Et là vous vous dites, bon d’accord mais pourquoi le Vanuatu ?

Voici donc les trois arguments qui ont fait de cet archipel mon coup de cœur.

Petit un : J’ai toujours rêvé de découvrir une île du pacifique

Petit deux : Le Vanuatu est beaucoup moins touristique que la plupart de ses voisins, environ 4 fois moins de touristes que pour les Fidji par exemple.

Petit trois : En terme de cultures, de traditions et d’histoire le Vanuatu est d’une richesse incroyable.

Voilà par exemple le Land Diving, un rituel de l’île de Pentecôte qui marque le passage à l’âge adulte. Attachés par de simples lianes au niveau des chevilles les jeunes hommes s’élancent dans le vide à près de 25 mètres de hauteur. Les lianes ayant quasiment la longueur de la tour, le frisson est garanti.

Le Vanuatu c’est aussi la possibilité de découvrir l’un des volcans les plus actifs et accessibles du monde sur l’île de Tanna.

Mount Yasur Erupting Tanna

Mount Yasur Erupting Tanna

Nous embarquons demain pour cette dernière grande aventure. Direction l’île d’Espiritu Santo. Au programme, plongée, randonnée, plage, sans oublier le plus important, aller à la rencontre des Ni-Vans et de leur hospitalité légendaire.

Espiritu Santo

Espiritu Santo

Je ne sais pas encore si je vais pouvoir trouver du réseau pour vous faire partager quelques bons moments là-bas mais dans tous les cas les infos viendront un peu plus tard.

D’ici là portez-vous bien,

À bientôt,

Lény

Une famille en or

Une famille comme ça!

Une famille comme ça!

Prévu pour trois semaines l’expérience Wwoofing au sein de la famille Armstrong en aura finalement durée près de sept. Oui on peut dire que j’ai fait un peu durer le plaisir mais il faut reconnaitre que la famille avait de sacrés arguments pour me convaincre de prolonger mon séjour. Voilà donc un petit aperçu de ce qu’a été ma première expérience de Wwoofer.

Avec Bruce et Susan

Avec Bruce et Susan

Le concept « Wwoofing »

Tout d’abord petite explication élémentaire, WWOOFING vient de Willing Workers On Organic Farms (Travailleur Bénévole dans une Ferme Biologique). Le concept est plutôt simple. En l’échange de quelques heures de travail par jour (maximum 6 heures) on est logé et nourri par une famille. C’est donc un super moyen de découvrir l’Australian Way of Life mais aussi d’améliorer son anglais et d’apprendre plein de choses au sein d’une famille australienne. Pour trouver la famille on n’achète un petit livre (75 dollars) ce qui peut sembler un peu cher mais en fait l’acte d’achat du livre nous fait devenir instantanément membre (Wwoofer) avec un numéro personnel. Entendez par là que dès lors, l’assurance de l’association nous couvre si jamais quelque chose arrive durant notre séjour de Wwoofing.

Le petit livre comporte plus de 3000 annonces de toutes les familles souhaitant accueillir un Wwoofer partout en Australie, avec leurs contacts. En lisant les petites annonces on voit assez vite les plus séduisantes et celles à éviter. Une fois déterminé la région où je voulais aller, ma méthode de sélection est assez simple. Je privilégie toutes les annonces qui ont un peu d’humour et où quelques loisirs sont mentionnés. Autant dire que si le type ne parle que boulot sans évoquer la moindre petite activité, on sait à quoi s’en tenir. Après il reste quand même une grande part d’inconnu. Il faut donc un peu de chance pour trouver une très bonne famille.

Une dizaine de mails envoyés, sept retours positifs. Le ratio est bon, le casting peut continuer. Après quelques réflexions deux candidats (familles) sont sélectionnés pour la « grande finale ». Pour sonder un peu plus le terrain j’envoie quelques mails supplémentaires à chacune des deux familles. La première m’explique que la période à laquelle j’arrive correspond au gros rush de l’année, ils ont donc vraiment besoin de monde pour travailler. La seconde famille quant à elle s’excuse presque d’être une toute petite ferme et que la période soit plutôt calme. Courageux et voulant à tout prix travailler comme une brute j’ai bien sûr foncer sur… la seconde proposition. Bon avouez qu’elle faisait un peu plus envie quand même.

L’aventure commence

Après 2h de bus direction le nord d’Adelaide me voilà arrivé à Waikerie, une petite ville de 2000 habitants, au bord du plus grand fleuve d’Australie, la Murray River. Chapeau de cowboy sur la tête un type d’une soixantaine d’années m’interpelle à la sortie du car, « You must be Lény ?! ». Le mec est fort ! Il a dû être profiler dans une autre vie… Voilà donc Bruce Armstrong, le fermier chez qui je vais passer plusieurs semaines. Dès les premiers instants je sens que je suis tombé sur un type sympa, je suis rassuré.

Petite curiosité, pour accéder à leur maison de l’autre côté de la rivière il faut utiliser tous les jours un bac. Un type passe sa journée sur le bateau à faire la navette pour faire traverser les voitures de chaque côté.

Le petit chemin qui mène à la maison est tellement garni de voitures sur les côtés que j’en viens même à me demander si c’est jour de kermesse chez les Armstrong. Mais non, Bruce aime tout simplement bricoler les voitures et ça se voit.

Chemin qui mène à la maison

Le chemin qui mène à la maison

Après une semaine le long de la Great Ocean Road à dormir à la belle étoile sans matelas (ni tente bien sûr) et à manger du pain de mie au ketchup (oui je sais la gastronomie française en prend un coup), avoir une chambre rien qu’à moi et avoir à tous les repas une merveille culinaire me rapprochait un peu plus du paradis.

Ma chambre

Ma chambre

La famille se compose de Bruce, sa femme Susan, et leurs quatre enfants. Maintenant grands, seul Samuel le dernier habite encore de temps en temps la maison.

Aller je continue la visite,

Le jardin

Le jardin

Ma vue sur le potager et le verger avec le désert au loin

Ma vue sur le potager et le verger avec le désert au loin

Mon repère de trappeur à l'étage

Mon repère de trappeur à l’étage 

Le deal avec la famille est simple je travaille tous les jours de la semaine sauf le dimanche, de 7h à 13h. Mes tâches sont très variées, et Bruce s’arrange toujours pour que j’alterne les travaux durs et plus faciles dans la matinée. Pour vous donner quelques exemples, j’ai notamment nettoyé des chemins en coupant les hautes mauvaises herbes, nourri les chèvres, mais aussi castré les chèvres,

Les élastiques magiques, bouc + élastique = eunuque

Les élastiques magiques, bouc + élastique = eunuque

ramassé des abricots, les couper pour les faire sécher au soleil (n’y voyez aucun lien avec les chèvres), ramassé du raisin, décortiqué des amandes, beaucoup d’amandes, nettoyer les gouttières, repeint un camion, poncer et nettoyer tout un tas de trucs, des voitures, une bétonnière, un vieux tracteur, dérouiller des traverses en fer à la masse ou encore démoli un clapier à lapin.

En plus des bons repas et du cadre de vie super agréable, j’ai vraiment été chanceux de tomber sur une famille qui m’a fait partager pleins d’activités géniales. En plus de cette semaine magique à Kangaroo Island que je vous avais raconté ici (Kangaroo Island). En voilà quelques autres.

Après-midis au bord de l’eau

Wake board

Wake board

Deux après-midis j’ai eu la chance d’aller faire du bateau avec toute la famille et les cousins.

Bienvenu à bord

Bienvenu à bord

Acheté lors d’un voyage aux Etats-Unis le bateau est vraiment sympa et ne manque pas de puissance, il faut sacrément s’accrocher pour ne pas voler dans le décor dans les virages.

En bouées

En bouées

Cerise sur le gâteau l’eau de la rivière est divinement bonne, ces deux après-midis passées sur l’eau sont un vrai bonheur.

Petite anecdote historique :
Bien avant nous les aborigènes naviguaient déjà sur la Murray River. En témoigne la grande marque ovale que porte ce très vieil eucalyptus sur son tronc.

Very old canoe

Very old canoe

Je vous ai mis mon vélo en bas à gauche pour que vous ayez l’échelle de grandeur. Cette marque a sans doute près de 200 ans. Les aborigènes avaient en effet l’habitude d’utiliser l’écorce de l’eucalyptus pour construire leurs canoës. Chaque tribu disposait d’un spécialiste pour choisir l’arbre et surtout l’écorce idéale pour construire une nouvelle embarcation.

Une journée à la mer : la pêche au Blue Swimming Crab

Une journée où je devais travailler Bruce et Susan m’ont gentiment embarqué avec eux pour aller pêcher le Blue Swimming Crab. Le spot de pêche se trouve sur la côte de la York Peninsula à plus d’une heure et demie de route.

York Peninsula

York Peninsula

La technique est plutôt amusante, muni d’un râteau à feuille morte et d’un demi tonneau attaché à ma taille qui reste flotter à la surface, je dois bloquer le crabe puis retourner d’un coup de poignet rapide le râteau pour soulever le crabe et le placer dans mon tonneau.

Pour trouver les crabes qui se cachent sous le sable on se met dans l’eau jusqu’à la taille et on ratisse le sol en s’arrêtant au moindre son métallique. Ce signal révèle qu’à coup sûr un crabe vient de croiser notre râteau. Le geste pour retourner le crabe doit être très rapide car le filou est aussi vif que très bon nageur, d’où son nom d’ailleurs. Le jeu est tellement plaisant et addictif que les trois heures de pêche passent à une vitesse déconcertante. Le bilan de l’après midi est plutôt flatteur, avec 11 crabes attrapés je suis le meilleur de nous trois. Je devançais même d’une courte tête Bruce qui était invaincu depuis une vingtaine d’années !

La couleur du Blue Swimmng Crab est vraiment magnifique.

Le fameux Blue Swimming Crab

Le fameux Blue Swimming Crab 

La plus belle prise

La plus belle prise

Mais une fois cuit le Blue Swimming Crab ne porte plus aussi bien son nom…

Du bleu au rouge

Du bleu au rouge

 

Les vendanges à l’australienne

Bruce a possédé un vignoble durant près de six années avant qu’il ne choisisse de retirer ses pieds de vignes et de revendre son eau à l’État durant les grandes sécheresses il y a 5 ans. Connaissant le métier il est souvent appelé par des voisins pour prêter main forte au moment des vendanges. C’est le cas ce soir, il décide donc de m’amener avec lui pour que je vois comment ça se passe.

Je suis surpris d’apprendre que depuis plusieurs années la grande majorité des vendanges ne se fait plus à la main mais à l’aide d’une grosse machine. En forme de U inversé, cet Arc de Triomphe ambulant se place autour d’une rangée de vignes et à l’aide de solides barres de plastiques secoue de part et d’autre l’arbre pour en faire tomber les grains de raisins. Je grimpe en haut de la machine pour saisir quelques clichés.

Posté sur le toit de cette curieuse machine

Posté sur le toit de cette curieuse machine

Muni d’un talky walky le directeur des opérations est chargé de gérer la vitesse de la machine harvester, du tracteur et de sa remorque tout en analysant régulièrement la qualité du raisin.

Le directeur des opérations

Le directeur des opérations 

Une rivière de raisins

Une rivière de raisins

Bien que français, je n’avais aucune idée de la manière dont pouvait se dérouler des vendanges, la soirée fût donc très intéressante.

À la recherche des scorpions

Autre activité bien sympa, un soir Bruce m’a proposé d’aller voir les scorpions qui se cachent dans la petite dune de sable non loin de la maison. Muni d’une pelle et d’une lampe la traque peut commencer.

Bruce en pleine recherche

Bruce en pleine recherche

Trouvé!

Trouvé!

Voilà notre ami

Voilà notre ami

Une vente aux enchères dans le bush

Voilà une autre journée bien intéressante pour le backpacker que je suis. Bruce m’amène avec lui à une vente aux enchères. Une ancienne ferme familiale est en effet mis en vente à plus d’une heure de route. Direction le nord, on va sentir le parfum de l’outback !

En route vers les terres du milieu

En route vers les terres du milieu

Levé à 5h, nous embarquons à bord du camion qu’on a retapé pour une heure de route au travers de paysages aussi inhospitaliers que magnifiques.

Bruce au volant du camion qu'on a retapé

Bruce au volant du camion qu’on a retapé

Que les paysages sont beaux

Que les paysages sont beaux

Nous arrivons sur place parmi les premiers. La propriété est entourée d’immenses champs et autour de la maison s’étale tout le matériel agricole utilisé depuis près de trois générations. Tous les objets soigneusement exposés sont à vendre. Véritable musée à ciel ouvert ce débarras est une mine d’information pour celui qui souhaite comprendre la vie d’une famille australienne « back in the early days ».

Bulldozers et camions des années 30 à nos jours

Bulldozers et camions des années 30 à nos jours

La propriété

La propriété

Pots à lait

Pots à lait

Vieux vélo

Vieux vélo

Avant l'électricité, le "réfrigérateur" pour conserver la viande

Avant l’électricité, le « réfrigérateur » pour conserver la viande

Mais nous ne sommes pas venu les mains vides non plus. La ferme est située dans une région très sèche où peu de fruits et légumes peuvent être cultivés. C’est pourquoi nous avons ramené avec nous un stock de melons, pastèques, courges musquées, amandes ou encore oignons que nous allons vendre à des prix défiant toute concurrence (deux à trois fois moins cher qu’en magasin).

Water-melon, Honey dew, Rock melon & Butter nut

Water-melon, Honey dew, Rock melon & Butter nut

Bruce est à la recherche d’un petit bulldozer et est parti jeter un coup d’œil aux machines exposées. C’est donc moi qui vais faire tourner la boutique.

Notre stand de fruits et légumes

Notre stand de fruits et légumes

Au passage, la magnifique peinture blanche sur la remorque c’est bibi. Ya du métier hein !? C’est ce que j’ai dit à Susan, « Tu sais jsuis devenu un peu le Michel-Ange de la peinture sur camion. » Ça l’a bien fait rire. Mais revenons à nos melons.

Les affaires tournent bien, et le job est plutôt agréable. En effet, les australiens n’hésitent pas à venir taper la discute avec moi et à me sortir des blagues. J’enchaine les anecdotes intéressantes et les rencontres sympas.

Un type m’explique qu’il a du mal a marché aujourd’hui parce qu’un mouton a foncé sur son genou hier, puis me glisse en souriant « Tu sais à 90 ans on est plus aussi solide qu’avant ! » J’étais scié, sacrée forme le bonhomme, le genou en vrac, 35°, plein canniard le type continue de bosser dans sa ferme tous les jours.

Un autre fermier m’explique que sa famille à des origines françaises, Huguenotes. C’est comme cela que l’on appelait les protestants français du XVI siècle, dont la plupart ont été contraints à l’exil au moment des guerres de religion les opposants aux catholiques (le massacre de la Saint Barthélémy se déroule notamment durant ce conflit). Ravi donc de croiser « un compatriote » d’il y a 500 ans, le type revient m’apporter deux délicieuses pêches et un billet d’un million de dollars, factice malheureusement… mais ça m’a fait bien marrer. Les gens commencent à s’agiter les enchères vont commencer, Bruce est de retour, c’est le moment d’aller voir un peu ce qu’il se passe.

La foule se rassemble autour d’une remorque sur laquelle deux cowboys businessmen lancent le début des festivités. Ils passent en revue, tous les lots d’objets posés sur la remorque et finissent toujours par trouver preneur. Deux assistants les accompagnent l’une répertorie tous les achats l’autre est chargé de présenter les objets.

Les enchères commencent

Les enchères commencent

Une bonne enchère dépend avant tout de la qualité du speaker, qui ressemble d’avantage à un showman qu’à un commissaire-priseur. Aujourd’hui il y a du niveau.

Le show aussi

Le show commence

Le tout est vraiment plaisant à observer.

"10 bucks for the gentleman on my right"

« 10 bucks for the gentleman on my right »

À la fin de la journée tout est vendu. C’est impressionnant de voir l’efficacité du système. Les remorques et camionnettes se succèdent et chacun embarque ses achats. De notre côté nous avons quasiment vendu tous les fruits et légumes ! Bruce à quant à lui préféré acheter un lot de pneus usés à 2,50$ plutôt qu’un des bulldozer pour lesquelles les prix se sont envolés. Sage décision.

Bruce décide de me récompenser de mes efforts en m’achetant une glace !

Petite récompense

Petite récompense

L’attention est très sympa. Le chemin du retour est encore une fois l’occasion pour Bruce de partager avec moi toutes ses anecdotes et ces histoires, tout en me signalant à chaque fois qu’il aperçoit un Kangourou, un Emu (grand oiseau australien proche de l’autruche), ou une chèvre sauvage sur le côté de la route.

Toutes ces activités, ces discussions, ces délicieux repas, et ces moments passés au sein de la famille Armstrong ont fait de ces deux mois de Wwoofing une expérience inoubliable.

La dernière semaine Bruce m’a prêté un pick-up pour que j’aille travailler en ville, sur le chemin du retour je me suis senti comme un véritable australien qui rentre à la maison après une journée de travail. C’était exactement ce que j’étais venu chercher. Expérimenter l’australian way of life dans une famille typique australienne. J’avais oublié que j’étais backpacker.

La mission était plus que réussie, il était alors temps pour moi de partir et de continuer mon aventure.

Grâce à l’aide de Bruce j’ai trouvé un job d’orange picking à quelques kilomètres de Waikerie. J’ai trouvé un Bungalow pas cher dans un camping et des gens pour m’amener au travail. L’ambiance au camping est super sympa. Le boulot quant à lui est hyper dure et très mal payé mais en forçant un peu j’arrive à mettre des sous de côtés pour la suite de mon voyage. Une suite qui s’annonce passionnante. C’est ce qui me motive à me faire du mal sur mon échelle en plein soleil.

Je vous dévoilerai mes nouvelles destinations très vite !

D’ici là portez-vous bien et comme dirait Georges : « Bon vent ! »

La bise de tout en bas à droite,
Lény.

Des vacances dans des vacances ou une semaine de margoulin à Kangaroo Island

Arrivée à Kangaroo Island

Arrivée à Kangaroo Island

Après quinze jours de Wwoofing au sein de la famille Armstrong, le contact passe plutôt bien, si bien que Susanne la mère de famille, qui avait déjà planifié ses vacances, me propose de l’accompagner à Kangaroo Island pour une semaine. Les enfants étant grands et Bruce, le mari, plutôt casanier, c’est tous les deux que nous partons direction l’ile aux Kangourous. Véritable amoureuse de l’île, Susanne y passe régulièrement ses vacances. Elle compte sur l’île de nombreux amis qui se font une joie de nous accueillir.

Un peu surpris par l’invitation dans un premier temps, je ne traine pourtant pas à accepter ce qui ressemble déjà à un très beau cadeau pour tout jeune voyageur avide de découvrir l’Australie loin des sentiers balisés pour touristes. Quatre heures de voiture et un Subway picoré plus tard, nous voilà prêt à prendre le bateau. Un panneau m’apprend qu’il est interdit d’amener un renard sur l’île. C’est dommage j’avais commencé à bien sympathiser avec deux ou trois goupils à la buvette, les adieux sur le quai sont déchirants… Bref, une heure de bateau plus tard, me voilà près à poser le pied sur l’île . Les vacances, ou plutôt les vacances dans les vacances peuvent commencer !

J’irai dormir chez vous.

À peine arrivés, direction la maison de Neil Sheppard et de sa femme qui nous accueillerons pour deux jours. Pouvoir dormir chez des habitants de l’île est une chance incroyable. Neil a construit lui-même sa maison en pierre de taille dans un cadre superbe.

Maison de la famille Sheppard

Maison de la famille Sheppard

Neil a du talent, il est également artiste peintre et connaît un succès certain depuis plusieurs années. Comme je sens que vous voulez en savoir un peu plus je vous ai dégoté une petite vidéo. Elle présente Neil et son travail depuis son atelier colé à la maison. Et pour faire une pierre deux coups, vous pouvez également apprécier en image la maison et le cadre plutôt agréable dans lequel j’ai passé ces deux nuits.

Voilà donc avec qui j’ai eu notamment la chance de faire du Kayak dans la baie en face de la maison ou encore partager une petite session guitare en chantant le légendaire « Waltzing Matilda » véritable hymne pour tous les Australiens.

Petite session guitare, "Waltzing Matilda", avec Neil

Petite session guitare, « Waltzing Matilda », avec Neil

Puis c’est ensuite au tour de Peter et Mary de nous accueillir dans leur ferme isolée au sud-ouest de l’île. Autour de la soixantaine chacun, ils sont adorables comme tout. Mary est au petit soin et Peter le sourire toujours aux lèvres n’est pas avare de petites vannes et est très bon publique quant aux miennes. Dans ces cas là le courant passe très vite.

Installé dans la salle à manger pour le goûté, j’aperçois un accordéon diatonique dans le salon. Intrigué je demande à Peter si il sait en jouer. Il m’explique en éclatant de rire que non pas vraiment, qu’il l’a acheté il y a longtemps à un vieux monsieur lors d’un voyage en Tasmanie. Puis me regarde avec un grand sourire et me demande « Tu sais en jouer? ». À peine avais-je acquiescé de la tête que je suis sommé de jouer quelque chose.

« Allez, Il attend ça depuis 30 ans! » me lance t’il. Pressure on me. Ce que je n’avais pas mentionné c’est qu’après avoir tâté de la touche nacrée plusieurs années durant ma tendre enfance, j’avais totalement mis de côté l’instrument à vent pour celui à cordes. C’était donc le moment du come-back après 12 ans d’absence. La concentration est au maximum pour tenter de raviver quelques souvenirs bien maigrichons. Allez tant pis je tente un truc, et puis comme disait Kennedy « faut pas se laisser abattre ! ». Pour les connaisseurs, je fais péter un Cercle Circassien (dédicace à Léo).

Allez c’est parti ! Bon je frôle la catastrophe d’entrée mais ma main gauche surprend son monde en claquant quelques basses bien senties étouffant à peu près les ratés de la mélodie interprétée par sa consœur, la main de droite. Tout cela semble suffire à un publique bien amical, séduit sans doute par la French touch du morceau. J’oblige alors Peter à jouer la comédie pour une photo souvenir.

Allez chauffe Marcel!

Allez chauffe Marcel!

Côtoyer des locaux c’est aussi pouvoir profiter de toutes leurs histoires. Et pour ça Peter est un très bon client . Il ne tarde pas à me surprendre en plaçant la tête d’un crocodile dans mon dos. La bête a été rapportée du Queensland il y a 40 ans au tant où il travaillait dans une « Outback Station », immense ferme à bétails à l’intérieur des terres.

Souvenir d'un monstre marin

Souvenir d’un monstre marin

Bien qu’à l’état de squelette, la tête de l’animal reste impressionnante. Elle doit bien faire 30 kg et l’épaisseur des os est massive. Peter sourit en me montrant la place du minuscule cerveau. Il m’explique quelle précision il a fallu pour atteindre cette petite « mandarine » et ainsi avoir une chance de récupérer l’animal qui restera flotter à la surface. En effet, pour info si toute autre partie que le cerveau est touchée, le crocodile a le temps de replonger et si jamais il meurt, il restera au fond de l’eau. Bon courage ensuite pour aller le chercher !

C'est toi qui l'a tué?

C’est toi qui l’a tué?

Il est temps d’aller se coucher, Peter replace alors la tête à sa place, c’est-à-dire dans sa chambre…

Escale en Bretagne.

Cap du Couëdic

Cap du Couëdic

C’est parti pour une ballade en Bretagne, à Cap du Couëdic exactement, non loin de Cap Kersaint.

Le phare de cap du Couëdic

Le phare de cap du Couëdic

Et là vous vous dite, « mais t’es complètement chabraque tu nous prend pour des jambons ou quoi ?  »

Et bien non pas tout à fait, et c’est là que l’histoire devient passionnante. Allez remontons un peu le temps!
Nous voilà en avril 1802. La toute première flotte anglaise, composée de forçats et de soldats est arrivée il y a à peine 15 ans sur la côte Est de l’Australie. Quelques milliers d’hommes seulement composent cette première colonie qui se limite exclusivement aux alentours de Sydney. Les pentes raides des Blues Mountains qui entourent Sydney, forment une barrière infranchissable pour le moment.

Ainsi, le reste de l’Australie est encore totalement inconnu et peuplé exclusivement par les aborigènes. Ce manque de connaissance pousse les Britanniques a envoyer une expédition, dirigée par Matthew Flinders, pour cartographier les côtes australiennes. Ayant eu vent des intentions Britanniques, Napoléon envoie dans la foulée le Capitaine Nicolas Baudin effectuer le même travail pour la France.

Le hasard a voulu que les capitaines Français et Britannique se croisent à Encounter Bay, en face de Kangaroo Island, le 8 avril 1802. Bien que les deux nations soient en conflit, leur rencontre est pacifique et Flinders qui avait fait brièvement escale sur l’île, sans la cartographier entièrement, indique à Nicolas Baudin à quel point l’île est riche en Kangourous. Idéal pour nourrir un équipage en manque de nourriture fraiche. Voilà comment les Français du commandant Baudin se retrouvent sur l’île. Ils seront les premiers à l’explorer et à la cartographier.

La première carte de l'île

La première carte de l’île

Voilà pourquoi l’on retrouve encore aujourd’hui des noms à consonance française, voir Bretonne. Pour la petite histoire, le nom cap « du Couëdic », a été donné en hommage à Charles Louis du Couëdic, originaire de Pouldergat près de Douarnenez, qui fut officier dans la marine Royale sous Louis XVI et se distingua lors du combat de sa frégate, la Surveillante, contre le navire Britannique HMS Quebec, le 6 octobre 1779 au large d’Ouessant. Ce grand marin est également connu pour avoir habité … Quimperlé, et plus précisément le manoir du Lézardeau (en face de mon école primaire…), voilà pourquoi on trouve à Quimperlé la fameuse rue « du Couëdic ». Et oui c’est assez incroyable comme le monde est petit parfois ou plutôt « World is Small » comme on dit ici.

Sur l’île totalement déserte, aucun peuplement aborigène, les français ont laissé une trace de leur passage. Frenchman’s Rock. Une pierre sur laquelle ils ont gravé : « Expédition de Découverte par le commandant Baudin sur le Géographe 1803. » L’originale est toujours visible au centre d’information de l’île, ci-dessous.

Frenchman's Rock

Frenchman’s Rock

Mais il semblerait que les français n’aient pas laissé que cette inscription…

Sur les traces de la mystérieuse grotte

Le lendemain, nous retrouvons Peter & Mary et leur petit-fils, Brennan, pour une randonnée dans un lieu choisi par leur soin.

Une équipe de choc

Une équipe de choc

Tout à fait à l’ouest de l’île, au bout du bout du Flinders Chase National Park, les autorités viennent tout juste d’aménager un chemin de randonnée. Au bout des sept kilomètres de chemin se trouve la Ravine des Casoars. Les français avaient été les premiers à y poser le pied depuis la mer, seul accès possible jusque là, et avaient baptisé ainsi le lieu en constatant la présence de « Casoars », un très gros oiseau faisant près d’un mètre soixante-dix de haut.

Sur le chemin, Peter, passionné par l’histoire de son île, ne manque pas de me faire part de la petite surprise qui nous attend au bout de la randonnée. Le capitaine français et son équipage avaient jeté l’encre près de la petite plage au bout du chemin puis étaient rentrés dans une des grottes qui s’y trouve et y avaient inscrit un message qui reste inconnu à ce jour. C’est en tout cas ce que les vieux de l’île racontent.

Mais avant tout ça il fallait marcher.

Chemin de randonnée au cœur du Flinders Chase National Park

Chemin de randonnée au cœur du Flinders Chase National Park

Arbres brulés par les derniers incendies

Arbres brulés par les derniers incendies

L’excitation de cette fameuse grotte ravivait en moi des rêves de gamin, d’histoire de grands voyageurs, de pirates, de grottes secrètes, de messages mystérieux gravés dans la pierre. Tout était réuni, et en plus quoi de mieux qu’un français pour lire les inscriptions laissées à la postérité par d’autres français il y a plus de 200 ans…

Après une heure et demi de marche on distingue enfin la mer et la petite plage enclavée.

Mer en vue

Mer en vue

Nous voilà arrivés devant l’entrée de la grotte.

L'entrée de la grotte

L’entrée de la grotte

Le temps de faire une petite pause, manger un morceau et on se prépare déjà à mettre les lampes frontales. Entrée dans la grotte imminente.

Suivez le guide

Suivez le guide

La grotte est relativement grande et très sombre. (Le Flash ne rend pas du tout cette impression)

La grotte

La grotte

Stalactites

Stalactites

Peter parfait dans le rôle de l’archéologue en herbe parvient à trouver quelque chose d’intéressant.

Peter à la recherche du message perdu

Peter à la recherche du message perdu

Le Flash se révèle soudain d’une utilité inattendue pour nous aider à déchiffrer les inscriptions.

Les inscriptions

Les inscriptions

On analyse chaque recoin du mur, pour trouver la bonne date, le bon nom. Mais d’autres marins, chasseurs de phoques notamment, ont copié les français en inscrivant également leurs noms tout au long du XIXe siècle. Si tous ces gens ont concentré leurs signatures sur cette paroi bien précise, c’est sans doute que l’original devait s’y trouver. La roche étant totalement friable, la gravure originale s’est sans doute peu à peu effacée pour devenir complètement invisible.

De retour dans la maison de Peter et Mary, nous comptons sur les photos avec flash pour nous aider à y voir plus clair. Mais après avoir analysé méticuleusement, une heure durant, tous les clichés sur mon ordinateur, Peter et moi devions nous rendre à l’évidence, si quelques vieux habitants de l’île avaient pu lire quelque chose il y a une cinquantaine d’années, nous arrivions trop tard. Le mystère reste donc entier. L’avenir nous dira peut-être un jour, avec des appareils plus sophistiqués, ce que Nicolas Baudin et ses hommes avaient voulu nous dire.

L’île des animaux

Kangaroo Island est un véritable sanctuaire pour les animaux. On trouve par exemple à Seal Bay, une des rares colonies de phoques australiens.

Bébé phoque orphelin

Bébé phoque orphelin

Bain de soleil

Bain de soleil

Matin calin

Matin câlin

Après avoir chassé pendant une dizaine de jours à plus de 100km de cette même plage, les phoques reviennent s’y reposer. Ils sont d’ailleurs nés et mourront, si les requins sont sympas, sur la même plage.

Repos bien mérité

Un repos bien mérité

L’île est aussi pour moi l’occasion de voir pour la première fois des Koalas à l’état sauvage. Peter et Mary ont d’ailleurs quelques spécimens qui viennent régulièrement dans les eucalyptus de leur grande propriété.

Koala confortablement installé

Koala confortablement installé

Le koala n’est pas tout à fait ce qu’on pourrait appeler un monstre de travail, il dort en effet à peu près 20 heures par jour…

"J'aurai même pu faire coucou avec ma patoune mais non, jsuis une grosse feignasse"

« J’aurai pu faire coucou avec ma patoune mais non, jsuis une grosse feignasse »

On trouve aussi quelques Pélicans que j’ai d’ailleurs pu observé en Kayak.

Pélican

Pélican

Ou encore une rencontre assez insolite entre un kangourou et un iguane entre deux buissons.

Rare et surprenante rencontre entre iguane et kangourou

Rare et surprenante rencontre entre iguane et kangourou

Et en bonus Michael Jackson la mouette qui m’a fait un show d’enfer sur la plage.

Michael Jackson la mouette

Michael Jackson la mouette

 

Une île magnifique

Kangaroo Island est avant tout une île magnifique, et pour vous en convaincre voici quelques clichés pris durant cette semaine de rêve.

Non loin de cap du Couëdic

Non loin de cap du Couëdic 

Remarquable Rocks

Remarquable Rocks

L'homme le plus fort du monde (en vacances à Remarquable Rocks)

L’homme le plus fort du monde (en vacances à Remarquable Rocks)

Remarquable Rocks et ses imposants blocs de granites sculptés par le temps

Remarquable Rocks et ses imposants blocs de granites sculptés par le temps

Hanson Bay

Hanson Bay

Coucher de soleil à Hanson Bay

Coucher de soleil à Hanson Bay

Paysage grandiose (Kangaroo Island)

Paysage grandiose (Kangaroo Island)

Penneshaw, côte Nord-Est

Penneshaw, côte Nord-Est

Côte Nord-Ouest (Kangaroo Island)

Côte Nord-Ouest (Kangaroo Island)

Après 6 jours passés sur l’île et il est temps de partir. Peter profite de mes dernières minutes pour noter phonétiquement comment se prononcent dans la langue de Molière tous les noms français de l’île. Il jubile déjà à l’idée de briller auprès de ses amis en reprenant leur prononciation approximative. Puis il est déjà temps de retrouver le continent. Posté à la proue du bateau, je réalise encore une fois à quel point j’ai été chanceux de vivre tout ça. Et puis le côté plutôt agréable du concept « vacances dans des vacances », c’est que quand tu rentres de vacances, ben t’es encore en vacances !

Merci d’avoir lu l’article et à bientôt !

Lény

PS : Un peu de pub pour les copains :

– Âmes sensibles s’abstenir mais si vous aimez la glace au boudin et Bukowski vous pourriez vous régaler : http://deuxbretonsenslipkangourou.tumblr.com/

– Vous aimez la photo et les États-Unis? Cet homme là va vous combler. Appareil photo sous le bras il est en ce moment quelque part entre Paris et Boston : http://www.flickr.com/photos/tib0/

Des fêtes au soleil et la Great Ocean Road!

Un Noël à Griffith

Notre Sapin de Noël

Notre Sapin de Noël

Après deux mois et demi passé à Griffith il est temps pour moi de mettre les voiles. Le pari que nous avons tenté avec les trois collègues français a fonctionné. Sans travail à Sydney, nous avions pris le pari d’investir dans une voiture et de tailler la route pour trouver quelques jobs dans la campagne. Le mot pari n’est pas galvaudé car un nombre d’incertitudes entouraient ce projet. Quand on y connaît rien en voiture, en acheter une à un backpacker c’est prendre le risque que la voiture tombe en panne rapidement. Ça été notre cas. Le kilométrage était bloqué, le tuyau d’huile pour la boîte automatique était percé, le tuyau de liquide de refroidissement à quant a lui tenu trois jours avant de nous abandonner.

Nous partions de Sydney vers l’inconnu, pas de ville d’arrivée précise, pas de job à l’horizon. En plus le mois d’octobre est un des moments les pire de l’année pour la région. C’est ce que l’on a appris un peu plus tard. L’objectif était de travailler pendant ces deux mois pour mettre des sous de côté et ensuite de vendre la voiture et que chacun poursuivre son voyage comme il le souhaite. Comme je disais plus haut, le pari est réussi car si on fait le bilan. J’ai travaillé 40 jours, avec parfois des jobs qui ressemblaient plus à des vacances, une auberge pas très chère avec des propriétaires adorables et un cadre de vie calme et super agréable. Une ambiance vraiment top avec les autres voyageurs, un peu comme une petite famille après plusieurs mois passés ensemble.

Les deux dernières semaines pendant les fêtes de Noël ont notamment été géniales. Nous n’étions plus que huit dans une auberge qui peut accueillir trente personnes. Autant dire que nous avions une maison rien qu’à nous.

Le premier repas, le 24 décembre au soir, est de ma responsabilité avec mes trois collègues français,

French Christmas Dinner

French Christmas Dinner

celui du 25 à midi est quant à lui entièrement à mettre au crédit de Tina une Irlandaise super sympa de l’auberge.

Irish Christmas Meal

Irish Christmas Meal

L’après midi du 25 décembre j’ai été invité avec un autre français dans la maison d’un couple d’Australien d’une soixantaine d’années située non loin de notre auberge. C’était le premier Noël où aucun des enfants ou petits-enfants n’avaient pu venir. Nous étions les enfants de substitutions en quelque sorte. Arrivés vers 16h, on commence timidement avec un thé pour récupérer de la veille, puis un cours passionnant sur l’histoire de l’Australie commence.

Leçon d'histoire de l'Australie avec Père Castor

Passionnante leçon d’histoire de l’Australie avec Père Castor

Ensuite les bières sont de retour. Kévin le père de famille nous demande si nous avons vu le film de noël super drôle qui est passé la veille à la télé. Devant notre ignorance Kévin tente de nous résumer l’histoire et de nous ressortir quelques blagues. Nos grands yeux et nos sourires lui donne soudain une idée « Ça vous dit qu’on le regarde ensemble je l’ai enregistré ?! ».

On s’installe dans les canapés du salon, une nouvelle bière est distribuée pour la route, C’est parti pour la comédie de Noël préférée de la famille. Le film est vraiment super drôle, nous passons un très bon moment. Le film terminé, voilà bientôt 6h que nous sommes chez eux, nous nous levons tranquillement puis au moment de partir, Kévin nous retient pour nous offrir un cadeau. C’est vraiment un couple adorable.

Un cadeau de Noël pas banal

Un cadeau de Noël pas banal

Un pistolet à eau à Noël… C’est une autre tradition familiale. Je leur explique que si mes parents avaient fait la même chose en France il y aurait eu sûrement des morts avec le froid… En tout cas ça fera un beau souvenir !

Le lendemain soir c’est au tour des Parents de Brad (le propriétaire de l’auberge) de nous inviter à manger. Peter et Lucy ont 80 ans chacun mais ont une forme déconcertantes.

Peter and Lucy's dinner

Peter and Lucy’s dinner

Chaleureux et drôles c’est un bonheur d’être invité chez eux. Repas délicieux et petit moment musique avec Peter et son Yukulele et Lucy au chant.

A nice sing song with Peter and Lucy

A nice sing song with Peter and Lucy

Les différents repas de noël et soirées passées tous ensemble, le bon wiskhy partagé, la sortie safari dans les montagnes à 120 km/h allongé sur le toit de la voiture…. Un peu dangereux je l’admet mais tellement génial. Bref ce dernier mois à Griffith a été l’occasion de partager tout un tas de super moments.

Randonnée de Noël

Randonnée de Noël

Il est maintenant temps de reprendre ma liberté de voyageur. Mais aussi de reprendre mon sac à dos, mon gros et lourd sac à dos… Prochaine étape Melbourne pour passer le nouvel an et profiter de cette ville dont tout le monde vente les mérites, pendant une petite semaine. Il me tarde également de me baigner car aussi surprenant que cela puisse paraître je ne suis pas encore aller profiter des plages pour aller piquer une petite tête. Cela ne devrait pas tarder j’ai réservé ma prochaine auberge à Saint Kilda, un quartier de Melbourne près de la mer et réputé pour ses plages.

Un Nouvel an à Melbourne

Melbourne depuis St Kilda

Melbourne depuis St Kilda

Arrivé à Melbourne en soirée je découvre une ville très agréable et quel plaisir de voir mer et plage par la fenêtre du tramway. Je retrouve aussi la si particulière ambiance du Backpacker  (l’auberge pour Backpacker est aussi appelée « Backpacker »). Si l’on aime le bordel, les ronfleurs et le manque d’espace on est servi, sinon c’est un peu pénible et je suis bien content de n’y passer que 5 nuits.

Je profite de ma première après-midi pour faire une ballade sur la côte et apprécier la jolie vu sur le centre ville.

Parc de St Kilda avec vue sur Melbourne

Parc de St Kilda avec vue sur Melbourne

Un bébé requin aperçu sur un ponton et une belle ballade plus tard il est déjà temps de retrouver mes 3 amis allemands pour fêter le nouvel an.

Les dents de la mer

Les dents de la mer

Direction les quais de Melbourne pour apprécier le feu d’artifice. Ou plutôt les feux d’artifices, car il y en a dans tous les coins de la ville. Les quais sont bondés. Nous discutons autour de quelques verres quand soudain sur le grand écran géant un grand compte à rebours commence. Arrivée à zéro nous basculons en 2013 et au même instant les feux d’artifices commencent.

Melbourne en feu

Une foule captivée avec en arrière plan Melbourne en feuLe feu d'artifice de MelbourneLe feu d’artifice de Melbourne

C’est vraiment super agréable de commencer les premières minutes de la nouvelle année avec un feu d’artifice.

Par contre, les australiens ont dû beaucoup tirer sur la corde pour que le gouvernement prenne des mesures aussi restrictives… En effet, interdiction de consommer de l’alcool en dehors des terrasses des pubs puis vers 1h du matin les quais sont évacués et les écrans géants nous incitent à rentrer chez nous… Un peu mous du genoux nos amis australiens. Mais je n’étais pas totalement contre l’idée de rentrer. Les nuits sont très fraiches du côté de Melbourne et je commençais à avoir bien froid avec ma tenue improbable.

Je m’explique, tombé dans un « guet-apens » avec une amie allemande que j’avais rejoint avec ses parents (venus de Berlin spécialement pour les fêtes) pour prendre le café dans leur appartement, faute de temps, je n’ai pas pu repasser à mon auberge m’habiller plus chaudement avant la soirée. Pour y palier j’ai été obligé de demander au père quelques habits. Forcément, sinon c’est pas drôle, la seule proposition qu’il me fait est une veste des années 80’ style Est-Allemand, impeccable. Pas tellement les moyens de me plaindre vu la gentillesse de la famille. Me voilà donc endimanché comme un pape, tongs, short et veste de Derrick, pour fêter la nouvelle année. Je n’ai volontairement pas mis de photo pour ne pas choquer les rares enfants qui tomberaient sur ce blog. Voilà pour la petite histoire. Revenons à nos moutons, peu après 1h donc nous commençons à rentrer tranquillement vers nos auberges, un peu déçu par la courte durée des festivités mais content tout de même de notre soirée.

Le lendemain après midi, je regarde les choses intéressantes à faire sur Melbourne puis me renseigne un peu sur les différents moyens d’aller de Melbourne à Adelaide. Je tombe ensuite sur une annonce, de deux allemandes cherchant un troisième voyageur pour faire la Great Ocean Road entre Melbourne et Adelaide. C’est un super plan pour moi car en prenant les transports en commun je passe par l’intérieur des terres et loupe cette fameuse Great Ocean Road réputée pour être la plus belle route d’Australie. Je prends contact avec ces deux allemandes qui m’expliquent qu’elles partent le lendemain matin. Le temps de faire connaissance rapidement avec elle en fin d’après-midi et de discuter du voyage et me voilà parti pour changer complètement mes plans. Auberge annulée pour la fin de semaine et sac préparé à la hâte. Je me demande bien si j’ai pris la bonne décision mais c’est tellement sympa de pouvoir tout changer au dernier moment.

The Great Ocean Road

Un peu d’histoire pour commencer, la Great Ocean Road a été construite entre 1919 et 1932 par des soldats revenus de la Première Guerre mondiale. Longue de plus de 250 km elle offre une vue magnifique sur l’Océan Indien. Nous avons 5 jours devant nous pour en profiter. C’est-à-dire largement le temps de faire des pauses ou des ballades tout au long de la route pour rejoindre Adelaide.

L’aventure commence bien la petite voiture louée par les allemandes se transforme en une voiture bien plus confortable faute de disponibilité le jour du départ.

Notre voiture

Notre voiture

 

Au premier arrêt à Geelong j’en profite pour me baigner. Le vent étant trop froid à Melbourne, c’est donc la première fois que je me baigne en Australie. Quel pied ! L’eau est à idéale température, ni trop ni trop peu.

Premier bain Australien (Geelong)

Premier bain Australien (Geelong)

Vient ensuite Torquay, la capitale du Surf, c’est notamment dans cette ville qu’est née la compagnie Quiksilver en 1969.

Torquay ou la ville du Surf

Torquay ou la ville du Surf

"Le jeune homme et la mer"

« Le jeune homme et la mer »

Le soleil se couche on fait une photo pour le fun mais il ne faut pas trop trainer.

Coucher de soleil

Coucher de soleil

Nous n’avons pas d’endroit où passer la nuit et interdit de se garer et de dormir dans sa voiture le long de la route. Les amendes en Australie sont très très salées. (ça peut aller jusqu’à 300 ou 500$ pour mauvais stationnement). Bref on nous a déconseillé de jouer avec ça. Nous trouvons un « Free Campsite » perdue dans les collines. Nous y retrouvons un bon nombre de baroudeurs installés autour de différents feux de bois. Sans tente, ni matelas je la joue « Man VS Wild » sur le sol non loin du feu. Autant les journées sont très chaudes autant les nuits peuvent être vraiment fraiches, entre 5° et 10°. Bien installé, je profite du spectacle magnifique du ciel et de ces milliers d’étoiles. Et oui, étant dans l’hémisphère sud je ne vois pas les mêmes étoiles que vous. Je dors comme un loir pendant que les deux allemandes se partagent la voiture.

Le lendemain nous nous arrêtons pour une petite ballade près d’une cascade.

Cascade près de Lorne

Cascade près de Lorne 

Ha oui je ne vous ai pas trop parlé des deux allemandes. Très sympas le premier jour, elles sont petit à petit devenues assez pénibles. Tout devait être organisé, assez agressives dans la manière de parler (à l’allemande quoi) et pas festive pour un sou… du coups un soir je les ai même laissé tomber pour aller faire la fête avec les voisins du Free campsite, des allemands mais cette fois ci super sympas. On a fait de la musique toute la soirée. Bref j’ai pris un peu sur moi pour que tout se passe bien et pour qu’on arrive à Adelaide sans encombre. Puis le truc bien c’est qu’elles avaient toutes les deux un appareil photo donc pour une fois j’ai plein de photos où on me voit.

Merci pour les photos

Merci pour les photos!

Arrêt furtif sur le bas côté de la route pour profiter du coucher de soleil. Magnifique !

Coucher de soleil furtif

Coucher de soleil furtif

Tous les soirs nous nous arrêtons dans des Free Campsites où en général il est facile de faire un petit feu de bois. Un cadre idéal en somme pour faire un peu de musique.

Feu de bois et guitare avant une nuit à la belle étoile

Feu de bois et guitare avant une nuit à la belle étoile

Le jour suivant nous profitons de l’attraction principale de la Great Ocean Road, « The Twelve Apostles ». Avec l’eau turquoise et la plage en contrebat  ces immenses affleurements rocheux créés par des milliers d’années de contact avec l’océan sont tout simplement sublimes.

The Twelve Apostles

The Twelve Apostles

From a small path around The Twelve Apostles

From a small path around The Twelve Apostles

Un peu plus loin toujours dans le même esprit, le London Bridge dont une des arches s’est effondrée un matin de l’année 1991. Depuis on l’appelle le Pont d’Avignon. Non jdéconne…

The London Bridge

The London Bridge

Pour le dernier jour avant de rejoindre Adelaide, nous quittons le littoral pour rejoindre le Grampians National Park. Composé de dizaines de petites montagnes le parc est idéal pour la randonnée. Sur le bas côté de la route nous nous arrêtons devant un invité surprise qui s’est introduit dans le camping voisin pour le plus grand plaisir des vacanciers.

Invité surprise au camping

Invité surprise au camping

Nous faisons trois randonnées toutes aussi agréables les unes que les autres. Le coin est vraiment très beau. Arrivés en haut nous ne sommes pas déçu, la vue est superbe et le vide impressionnant.

Randonnée au Grampians National Park

Randonnée au Grampians National Park

15 Petit repos après l'ascension

Tel un oiseau

Tel un oiseau

Après cette belle journée de marche nous trouvons un coin pour passer notre dernière nuit. Cette fois nous sommes les seuls dans ce tout petit Free CampSite. Enfin pas tout à fait. Un Kangourou est là et profite de l’étang pour s’hydrater. Dernière nuit à la belle étoile. Cette fois c’est un peu plus difficile. Je me fais mon petit lit dans le sable mais le vent est glacial et s’engouffre dans mon sac de couchage. Néanmoins la fatigue de la journée m’aide à passer une nuit correcte.

Nous roulons toute la journée pour arriver à Adelaide. Notre road trip ensemble s’achève. Nous nous disons au revoir et pour moi une nouvelle aventure commence. En effet, je vais faire du Wwoofing pour les trois prochaines semaines. C’est-à-dire je vais travailler un peu dans une ferme et en échange la famille va m’héberger et me donner à manger. C’est une occasion de partager des supers moments avec une vraie famille australienne. J’ai rendez-vous avec la famille Armstrong qui habite à 2h30 de bus au nord d’Adelaide. J’ai hâte de vivre la vraie «Australian Way of Life »! Comme d’habitude je vous donne rendez-vous ici très bientôt pour vous raconter comment se passe cette nouvelle aventure!

À oui au fait j’oubliais, excellente année 2013 à toutes et à tous!

Lény.

Un endroit rêvé pour travailler

The Southern Highlands

Vue sur les southern Highlands

Vue sur les Southern Highlands

On est dimanche, il est 9 h du matin. Je savoure paisiblement ma seule grasse matinée de la semaine. Quand, tout à coups quelqu’un frappe à la porte et rentre. C’est Brad :

– « Hi Lény, j’ai un job pour toi, prépares tes affaires pour la semaine, prends à manger, un oreiller et une couverture. Jak passe te prendre dans une demi heure. »

Toujours dans le même esprit, arrache complète, me voilà embarqué dans une histoire qui s’annonce bien excitante ! J’apprends un peu plus tard, que je vais travailler pour « Riverina Water Engineering » une société, comme son nom l’indique, spécialisée dans l’eau. J’avais déjà travaillé pour cette compagnie lors de mon escapade dans le bush il y a un mois. La société doit compter une vingtaine de salariés et c’est le patron, Jak, qui vient me chercher en personne à l’auberge. Super sympa, il m’explique que les repas sont offerts par la boite, je remets donc en place ma banane et mes 3 kg de pâtes et monte dans le 4×4. Arrivé à l’entreprise, Jack me présente les deux collègues avec qui je vais passer la semaine. Damon Cafe 35 ans (aucun lien de parenté avec John Caffey de « La ligne verte »), et Rhis qui a mon âge sont super sympa et dotés d’un sérieux sens de l’humour. Je crois qu’on va s’amuser.

Je commence à en savoir un peu plus sur la destination. Nous partons pour les Southern Highlands, une région montagneuse située à 500 km de Griffith, entre Sydney et Canberra. Notre mission sera d’alimenter en eau le futur gîte situé en haut d’une colline. Les paysages superbes et la bonne musique qui résonne dans le 4×4 font rapidement passer les 6 heures de route pour une formalité. Arrivés aux Southern Highlands il nous faut encore emprunter une petite route jusqu’à son terme, le sommet d’une colline et nous voilà à bon port. La vue est tout simplement superbe. Peut importe où l’on porte notre regard, les Southern Highlands nous entourent.

Vue de la cour

Vue de la cour

Nous faisons connaissance avec Dean le fermier qui nous loge et pour lequel nous allons travailler. La trentaine et gros déconneur Dean est également très accueillant comme la plupart des Australiens que j’ai rencontré pour l’instant. On choisit nos chambres puis déposons nos quelques affaires.

Ma chambre

Ma chambre

Il est maintenant le temps d’aller faire les courses. Direction le magasin le plus proche à 30 minutes. Damon et Rhis aiment bien manger et ça fait plaisir d’avoir les moyens de s’acheter plein de bonnes choses. Revenant au Chalet pour remplir le frigo je comprends vite que les deux margoulins ont le sens des priorités.

Un frigo équilibré

Un frigo équilibré

J’aurai dû m’en douter quand Damon m’a demandé quelle était ma consommation hebdomadaire de houblon. L’angoisse de se tromper dans le ratio bières par jour par personne m’avait encouragé à gonfler un peu les chiffres. Il faut dire que l’alcool en Australie est très cher. À peu près trois fois plus cher qu’en France. Autant dire qu’avec les 160 dollars de bière dépensée par la fine équipe j’entrais dans la catégorie du backpacker très chanceux.

Rhis s’occupe du premier repas pendant que je fais un billard avec Damon. Après quelques verres il est rapidement le temps de dormir, le réveil est mis à 6h pour le lendemain.

Le breakfast à l’australienne terminé c’est parti pour une grosse journée de plus de 11 heures. Voyant que j’ai un appareil photo Damon me demande si je peux prendre des photos du travail tout au long de la journée. Jak, le patron, voudrait avoir des photos en situation de travail pour le nouveau site internet de la boite. Bonne nouvelle, je vais pouvoir vous expliquer facilement en quoi consiste notre travail. Le but est de poser 3 km de tuyaux, de la rivière en bas jusqu’à l’auberge et de prendre en compte le dénivelé en adaptant la résistance à la pression des tuyaux en fonction de la pente.

Chargement des tuyaux

Chargement des tuyaux

Rhis aide la pause des tuyaux

Rhis aide la pause des tuyaux

Le tout dans un cadre de travail superbe.

Damon et les Southern Highlands

Damon et les Southern Highlands

Un bel endroit pour travailler

Un bel endroit pour travailler

La forêt d'eucalyptus

La forêt d’eucalyptus

On ne se rend peut-être pas bien compte sur les photos mais le chemin creusé dans la roche est très pentu. Tellement, que le 4×4 n’arrive même plus à le monter. Ça sent la gomme brûlée. Damon sourit et me dit d’aller prendre en photo sa nouvelle tentative. Je m’exécute.

Stuck on the steep road

Stuck on the steep road

Passage creusé dans la roche

Passage creusé dans la roche

Les travailleurs de l'extrême

Les travailleurs de l’extrême

Après trois essais avec de l’élan le tour est joué. Nous finissons le travail et rentrons à l’auberge. Il est 18h et je commence à être bien fatigué. Installé dans le salon Damon et Rhis s’affairent autour de leur matériel de pêche.

Préparation du matériel de pêche

Préparation du matériel de pêche

C’est parti pour une petite session pêche dans un endroit que Dean le fermier, nous a conseillé. Arrivée sur place on se met à l’aise, la musique du 4×4 en fond, les bières fraiches dans le frigo de la remorque, des sièges et un petit feu de bois. Quel plaisir après une bonne journée de travail.

The australian way of life

The australian way of life

Sur le chemin du retour j’ai la chance d’apercevoir un Wombat, animal typique de la région, traverser la route apeurée par les phares du ute (pick up en australien).

La deuxième journée de travail se passe bien. Tellement bien que nous finissons le job beaucoup plus vite que prévu. Nous rentrerons le lendemain, le patron sera content.

Nous nous apprêtons donc à passer notre dernière soirée. Les collègues ont peur de manquer de houblon, ils décident de retourner en ville acheter quelques munitions. Je reste et en profite pour faire quelques photos de moi pour alimenter le blog. Le mac à bout de bras. C’est parti, suivez le guide !

Caméra embarquée

Caméra embarquée

Moi aux Southern Highlands

Moi et les Southern Highlands

Le chien simplet de Dean

Le chien simplet de Dean

Batterie et billard rien que pour nous !

Batterie et billard rien que pour nous !

Une heure plus tard les collègues sont de retour et me disent de monter dans le 4×4. Dean, le fermier, leur a conseillé un endroit parfait pour l’apéro. Direction le fin fond de son terrain. Nous nous engouffrons dans un tout petit chemin de broussaille où nous ne tardons pas à abandonner le ute pour finir à pied. Et là, la grosse claque. L’endroit est génial. Petite plateforme en bois avec un banc idéal pour nous trois. Nous dominons les Southern Highlands. Une vue à 360° magique. Les collègues sont autant subjugués que moi.

Un coin de rêve

Un coin de rêve

An amazing look out

An amazing look out

Je tourne la tête à gauche

Je tourne la tête à gauche

Je tourne la tête à droite

Je tourne la tête à droite

Damon savourant cet endroit sublime

Damon savourant cet endroit sublime

La dernière soirée est mémorable. Je suis nommé responsable de la cuisine. Je me suis surpris moi même. Barbecue royal, pour mes convives. Entrecôtes, oignons caramélisés, pomme de terres finement tranchées et dorées, tomates légèrement grillées et assaisonnées et omelette au fromage. J’ai reçu les félicitations du jury. La réputation gastronomique française est sauve mes amis ! Ça m’a motivé à aller plus souvent derrière les fourneaux.

Le repas fini, Dean nous rejoint. Initialement pour partager une bière mais les choses sérieuses commencent. Il est vite pris au piège et reste avec nous toute la soirée. Les blagues et les histoires défilent à mesure que notre stock de houblon s’amenuise. Il faudrait bien un article tout entier pour raconter cette soirée… Le réveil le lendemain à 6h pique un peu. Damon jalouse ma mine plutôt fraîche. À 7h il faut bien se décider à rentrer. On s’arrête vers 9h, prendre un breakfast offert par la boîte et on avale les 6h de route comme à l’aller.

Les collègues me déposent à l’auberge. Qu’est ce que je suis chanceux de pouvoir vivre ce genre de chose. Des souvenirs pleins la tête je me pose sur mon lit. Il est temps de faire une bonne sieste pour récupérer. Je n’ai qu’une chose à dire : Vivement la prochaine aventure !

Une sacrée journée !

 

Le champ de blé de Peter

Une longue matinée

Plus les heures défilent pendant la matinée et plus je me dis que j’ai fait le mauvais choix. Je m’explique. Voilà quelques jours que je travaille dans les vignes de la région, grâce à des amis Suédois qui m’ont donné le contact. Je fais du « pruning » c’est-à-dire je coupe toutes les nouvelles pousses qui arrivent sur la partie basse de la vigne. L’objectif est de favoriser l’arriver d’eau et de nutriment pour les grappes du haut. Autant dire que je passe le plus clair de mon temps à faire l’ascenseur au grand plaisir de mon dos et de mes cuisses. Le levé à 5h30 et la chaleur écrasante ne font qu’augmenter le plaisir. L’ambiance y est cependant assez agréable, je travaille avec des Turcs. Certains d’entre eux ont même gentiment partagé avec moi boisson, olives et poulet épicé au moment de la pause déjeuné. C’est pas le goulag mais le travail est dure et la paye est relativement basse. A la fin de la journée je décide donc de passer voir Brad (le gérant de la ferme où je loge) avec un collègue pour voir si il n’aurait pas un autre travail à nous proposer. Après plusieurs coups de fils à droite à gauche sans résultat, il nous explique qu’il aurait sûrement besoin d’aide pour le lendemain, mais qu’il en saurait plus demain matin vers 9h-10h et qu’il nous appellerait à ce moment là. La perspective de dormir un peu plus le matin et de faire autre chose que du pruning ne me fait pas réfléchir trop longtemps, je dis ok à Brad pour le job.

Nous voilà donc le lendemain, durant cette matinée où je suis persuadé d’avoir fait le mauvais choix car de 10h le rendez-vous est passé à 12h puis 15h… autant dire que je venais de « snober » mes amis turcs pour un job qui tardait à pointer le bout de son nez. Plus les heures passaient et plus la journée ressemblait à une journée blanche.

C’est alors que Brad arrive dans l’auberge en 4×4, il me fait signe ainsi qu’à mon collègue de monter et de trouver une troisième personne. Un des allemands accepte et nous accompagne. Nous montons alors dans le 4×4 et saluons Peter, un ami fermier de Brad assis à sa gauche. Peter, la cinquantaine bien tassé, est super sympa, souriant et décontracté il a pourtant à ses côtés un fusil à lunettes… Brad nous explique qu’on va dans la ferme de Peter dans l’outback récupérer une grande bâche. Ça sent bon la déconne cette histoire, mes regrets se dissipent d’un seul coups. J’ai fait le bon choix. Heureusement j’ai eu le temps de prendre mon appareil photo avec moi.

La ferme de Peter

Nous voilà partis direction l’outback. Les paysages deviennent magnifiques. La route disparaît pour laisser place à la piste en terre rouge. Les champs autour de nous sont superbes. Après avoir roulé une demi heure Peter me demande si je connais le duo Angus and Julian Stone, (deux frère et sœur musiciens qui font du folk rock super sympa, ils sont d’ailleurs passés aux Vieilles Charrues il y a deux ans) puis m’explique que la ferme que je vois sur ma droite est celle de leur mère. Cette après-midi devient vraiment de plus en plus intéressante !

Une heure de route plus tard nous voilà arrivés dans la ferme.

La ferme de peter

Peter possède de grands champs de blé et la récolte est pour très bientôt il doit donc remettre sa moissonneuse en service après un an de repos et l’amener à proximité de ses champs. Certains sont à plus de 60 km.

La ferme de Peter est géniale, il y a tout un tas de vieilleries dispersées un peu partout. On peut voir par exemple la Mini de Mister Bean perdue dans la broussaille…

Une mini perdue

ou encore un camion de pompier des années 60’ dont on se demande bien qu’est-ce qu’il fait là.

Camion de pompier des années 60

Voyant que j’ai mon appareil photo dans les mains Peter et Brad me disent de prendre en photo la veuve noire qu’ils viennent de voir sur le baril d’essence. C’est-à-dire l’araignée la plus dangereuse du monde, son venin est paraît-il plus dangereux que celui d’un cobra. Elle est pourtant minuscule.

Peter et la veuve noire

N’ayant quasiment pas de zoom sur mon objectif je vous laisse imaginer les risques que j’ai pris pour vous offrir ce magnifique gros plan.

La veuve noire

Première chose à faire, mettre un peu de pétrole dans la moissonneuse. Peter s’en occupe pendant que j’inspecte la moissonneuse.

Peter fait le plein de la moissonneuse

Je reste intrigué devant une énorme araignée qui doit bien faire la taille de ma main, et dieu sait que j’ai de grandes mains. Belle bête.

Une araignée King Size

Je me demande même si ce n’est pas elle qui a capturé Frodon dans le Seigneur des Anneaux…

Maintenant il est temps de s’occuper de la grande bâche que nous sommes venus chercher. La bâche est énorme 60 mètres de long sur 15 mètres de large. Le plastique est en plus super épais. Autant dire qu’elle pèse une tonne. Étant restée un bon bout de temps par terre nous avons la bonne surprise de voir qu’il y a de la vie à l’intérieur. Veuves noires dans tous les coins, je manque d’ailleurs d’en écraser une avec ma main dès ma première prise, mais  aussi grenouilles, souris, milles pâtes de 30 cm. Un peu déçu de ne pas voir de serpents je trouve par contre une pâte de Kangourous. Son propriétaire ne doit pas être bien loin, mais pour l’instant pas de kangourous cul de jatte à l’horizon.

Un peu d’ingéniosité et beaucoup d’huile de coude plus tard la bâche est pliée et installée dans la remorque.

Le temps de mettre en route la moissonneuse et de prendre une photo avec le fusil à lunettes, à noter le magnifique polo orange fluo que le gouvernement australien impose à tous les travailleurs, et nous voilà partie de la ferme.

Fusil à lunettes, lunettes de soleil et moissonneuse

Nous formons un sacré convoi avec la moissonneuse plus la remorque.

Un convoi OVERSIZE

Vu la vitesse du loustic en moissonneuse on a le temps. C’est pourquoi on décide de prendre un peu d’avance avec le 4×4 et d’aller regarder l’état du blé dans un des champs de Peter situé à quelques kilomètres.

On check le blé de Peter

On descend voir le blé. Il se porte très bien, il sera bientôt coupé. On se dirige vers le 4×4 pour repartir lorsque Brad sort le fusil et se met en position de tir. C’est parti pour une petite session.

Brad règle la mire

On prend une petite touffe d’herbe comme cible et chacun à son tour essaye de faire de son mieux. La visée à la lunette est vraiment cool, en mode Jude Law façon Stalingrad, par contre le recul c’est pas du cinéma mon œil droit l’a appris à ses dépends. Mais Heureusement rien de bien méchant.

Le soleil commence à se coucher et le paysage n’en devient que plus grandiose.

Le soleil se couche sur le champ de blé

On reprend la voiture, et mes yeux se régalent. Les montagnes en arrière plan et les couleurs qui changent progressivement. Magnifique.

Le soleil se couche derrière les collines

Brad a envi de s’amuser, sa tombe bien nous aussi. Il donne une grosse lampe torche à l’allemand installé à sa gauche et nous explique qu’on va à la chasse au lapin. La mission est de scruter la route et d’alerter dès qu’on en voit un. L’allemand s’occupe de l’éclairer et Brad de tirer. Tout le monde est concentré dans la voiture, et chacun scrute la route. Avec la nuit qui est maintenant totalement tombée, la scène est assez drôle vue de l’intérieur du 4×4. On est tous comme des gamins. Quand soudain, l’un de nous sonne l’alerte au lapin. La course poursuite commence. L’animal est vif et arrive à se faufiler dans les buissons loin de nos lumières.

Petite vue embarquée dans le 4×4, comme si vous y étiez

On reprend la route à la recherche d’un autre lapin. On croise alors quatre kangourous, mais pas question de tirer dessus, puis un autre lapin. Cette fois-ci le lapin a un peu moins de chance, Brad est un bon viseur. Le lapin est mis dans la remorque et la petite heure de chasse prend fin.

Oh mince l’excitation de la chasse nous a complètement fait oublié Peter et sa moissonneuse. Il est formellement interdit de rouler de nuit avec un tel engin, mais Peter a t’il respecter la loi ou est-il toujours en route ? Aucun réseau mobile ne fonctionne dans ce coin de l’outback comment savoir où le bougre s’est il caché… On essaye alors différentes routes pour voir si l’on n’aperçoit pas la moissonneuse. En mode Indien, Brad inspecte les traces sur la route, mais aucun signe de Peter. Puis la voiture arrêtée sur le bas côté, Brad lance un cri d’oiseau hyper aigue et attend de voir si Peter y répond. Après trois tentatives mon tympan est à deux doigts d’éclater. Aucune réponse, à par quelques oiseaux, bide total de Brad le Cheyenne. Nouvelle idée, monter sur le toit du 4×4 et tenter de trouver un peu de réseau pour envoyer un message. Mission réussie, le message est envoyé et Peter y répond. Il s’est arrêté quelques kilomètres plus bas. On le retrouve au point de rendez-vous tout heureux de nous revoir. La moissonneuse passera la nuit ici et attendra demain pour faire la suite du chemin. Peter nous explique qu’une de ses techniques pour arriver à trouver du réseau est d’écrire un SMS, d’appuyer sur envoyer et de se dépêcher pour lancer le portable en l’air. Sacré Peter.

Nous voilà sur le chemin du retour. Après avoir frôlé un kangourou qui avait bondi sur la gauche de la route, nous arrivons à l’auberge sans encombre autour de 22h. Le Bilan de la journée est très positif. Après avoir travaillé à peine 1h à plier la bâche, Brad nous dit qu’il nous payera 6h30 de travail. Sacrée journée !

Ha oui j’oubliais je ne vous ai pas montré le lapin dans l’histoire. Voilà une reconstitution de sa capture !

Reconstitution de la capture

Pour ceux qui s’inquièteraient pour le lapin, je vous rassure il va très bien, il passe ses journées à dormir dans le congélateur de l’auberge.

Le fameux lapin

Bon sinon autre nouvelle, j’ai trouvé un travail super sympa. Je m’occupe de plantes aquatiques qui purifient l’eau. Je les déplace dans la serre en fonction de leur évolution et je les nettoie méticuleusement car elles sont très fragiles. Les deux serres se trouvent dans le laboratoire de recherche en Biologie de la ville. C’est super intéressant. En plus la société est tenu par Anna une dame d’une soixantaine d’année d’origine Italienne, adorable comme tout, et son fils, Franco, monteur pour la télévision, qui a travaillé à Paris deux ans, super sympa aussi. Ils ont toujours un mot gentil pour dire que j’ai bien travaillé. Que du bonheur, pour vu que ça dure !

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour la suite des aventures et promis je ne fera plus de mal aux animaux !

Lény

On the road again !

Chemin en pleine nature, Griffith

Voilà près de 3 semaines que je suis à Sydney. J’ai été plutôt chanceux en terme de travail la première semaine mais la situation a un peu changer les deux semaines suivantes. Très difficile de trouver un job sur Sydney, beaucoup de backpackers doivent attendre près d’un mois avant de trouver un travail. Je ne suis donc pas à plaindre avec mes 6 jours de travail en 3 semaines. Néanmoins, ne pas avoir de travail régulier dans la deuxième ville la plus chère du monde (selon une enquête parue la semaine dernière), devient assez vite délicat côté porte monnaie. En toute franchise il me tarde également de quitter la ville pour voir un peu l’outback, la campagne, la vraie Australie en somme.

Mais pour cela il me faut une voiture. J’arrive à motiver deux autres français pour acheter une voiture à trois et partager l’essence. Le deal est simple on achète une voiture pour quitter Sydney et trouver un travail de FruitPicking dans la campagne. On travaille deux mois, on met des sous de côté et après chacun fait son road trip comme bon lui semble.

Sans trainer la Ferrari est achetée, Ford Falcon break, moteur 4L, livrée avec 2 ballons de foot, matelas gonflable, GPS, réchaud, sac de couchage et une cassette d’Eddy Mitchell … (non je déconne pour la cassette).

Moi et la Ferrari

Nous voilà sur la route direction Griffith, une petite ville de 16 000 habitants à 600 km de Sydney. Il y a pas mal de fruits dans le coin, Oranges, Cerises, Raisins donc potentiellement du travail dans les jours à venir.

Une auberge en pleine nature

Un de mes compères a eu la bonne idée de jeter un œil à son Lonely Planet et de nous dégoter une excellente adresse pour passer la nuit. Arrivé sur place je suis tout de suite conquis par l’endroit. Pile ce qu’il me fallait après Sydney.

Jardin autour de l’auberge

Les deux chevaux de l’auberge

La vue de ma chambre au petit matin

Du calme, de la nature, une auberge de caractère en bois et un propriétaire, Brad, toujours à 100 à l’heure qui cumule cinq métiers avec entre autre fermier, gérant d’agence d’intérim et autres bricoles, beaucoup de bricoles. En un mot le type parfait pour nous trouver du boulot. Nous sommes le vendredi soir, Brad nous dit qu’il aura sans doute du boulot lundi. La simple nuit pourrait bien se transformer en une semaine.

Manon des sources

Dimanche soir Brad passe en coup de vent à l’auberge. Il a un job, poser des tuyaux d’irrigation pour le lendemain. Un nom, un numéros et une esquisse de plan grifoné sur une feuille de papier et le voilà déjà reparti. Un job, on est trois. On tire à courte paille. Je gagne. Il est 21h, le rendez-vous est à 7h le lendemain. Je me prépare à me coucher lorsque l’une des Irlandaises qui est avec nous dans l’auberge reçoit un message de Brad : « Dis au Français de prévoir un oreiller et une couverture pour demain. Une grande bouteille d’eau ne serait pas une mauvaise idée non plus ». Qu’est ce que c’est que ce guet-apens encore… je me couche avec une pointe d’inquiétude mais surtout avec le pressentiment que je vais vivre une sacrée expérience.

Réveil 5h, mon polochon sur le dos, je profite de mon réveil matinal pour savourer le levé du soleil, le petit plaisir quand on se lève tôt, tout simplement magnifique.

Levé de soleil

Direction ensuite le premier point de rendez-vous en ville, là un employé d’une autre entreprise qui fait le même trajet doit m’amener à une heure de route vers le second point de rendez-vous. Les types de l’entreprise m’expliquent que je vais aller dans le bush (le désert australien). Ils me demandent si j’ai une bonne crème solaire, un bon chapeau et des chaussures de sécurité. Je n’ai aucun des trois sur moi. L’un d’eux m’offre un chapeau et me demande si j’ai déjà vu le film « Wolf Creek » avant de rigoler. Pour info, Wolf Creek est un film australien qui retrace un fait réel, le rapt en 2001 d’un couple de touristes en Australie, Peter Falconio et Joanne Lees, victimes d’un tueur qui avait proposé de dépanner leur véhicule, tombé en panne, alors qu’ils parcouraient le bush en touristes. Falconio a été abattu, tandis que Lees a réussi à s’échapper. La référence à ce film n’est pas des plus rassurantes sachant que je vais passer une nuit dans le désert avec des inconnus. Mais bon tant mieux ça rajoute un peu de piquant. À peine le temps d’y penser que me voilà déjà dans le pick up avec un des employés direction Hillston une petite bourgade à une heure de route.

Dans la voiture le type me conseille de bien regarder où je mets les pieds dans le désert, parmi les dix serpents les plus dangereux au monde huit vivent dans le coin et en générale 40 minutes après la morsure le tour est joué. Je lui demande innocemment qu’est ce que je dois faire si jamais je me fais mordre. Il me dit en rigolant : « Ce que tu peux faire ?!  ben tu peux appeler tes parents et commencer à leur dire au revoir ». Ha ok … bon je vais tâcher de faire attention alors. Le type me dépose chez Lachy, le boss de l’irrigation, et s’en va.

Petit, dégarni, la quarantaine, Lachy est un peu brute de décoffrage au premier abord mais sympa. Il est complètement gaga de ses deux chiens Max & Molly. Lachy a beaucoup de mal à faire une phrase sans dire Fuck ou Fucking. On charge la remorque de matériels puis on part faire les courses. Saucisses, Steacks, jambon, fromage, tomates et pain de mie pour nous, pâté et lait pour Max et Molly. Ha oui j’oubliais, le loustic a aussi pris 15 Litres de bière pour nous deux, on part deux jours…  Ce bon vieux Lachy commence à me plaire. À peine démarré le pick–up ses chiens surexcités comme jamais, se mettent à sauter partout. Je deviens vite le canapé préféré de Max & Molly. Nous voilà parti cap plein Sud direction le bush.

L’endroit où j’ai travaillé deux jours

La route laisse vite place à la terre battue et l’outback australien prend toute sa mesure. Une heure de voiture, trois kangourous, deux gros lézards et six faucons plus tard nous apercevons un «oasis» ou plutôt un petit bois où de toute évidence il y a de l’eau. C’est là que se trouve la ferme de James, le fermier pour qui nous allons travailler. C’est également là que nous passerons la nuit.

Il est déjà midi, je mets mes affaires dans la chambre d’amis, je me fais un sandwich et monte dans le pick-up. On a du pain sur la planche. On se dirige vers un puit situé à 10 km de la ferme. Ha oui j’ai oublié de vous dire James, le fermier en question, a 15 000 hectares de terres et près de 40 000 têtes de bétail. C’est ce qu’on appelle une belle ferme. James a fière allure, chapeau de Cowboy, chemise à carreaux, jean avec couteaux accrochés à la ceinture et lunettes de soleil futuristes. En plus de cela il est super sympa, toujours un sourire et une petite blague.

Le job est simple, partir de la source puis creuser et installer 4 km de tuyaux pour alimenter une citerne d’eau que l’on installera 4 km plus loin pour créer un nouvel abreuvoir pour le bétail. Le travail est assez physique et la chaleur sèche du désert n’arrange pas la chose. Mon litre et demi d’eau ne met pas longtemps pour disparaître et je suis bientôt obligé de demander à Lachy si je ne pourrais pas l’aider à finir sa petite barrique d’eau. Lachy sait se faire plaisir, il s’était préparé 4 litres d’orangeade bien fraiche que je ne tarde pas à déguster. 18h, fin de la journée de travail, je suis épuisé. James a le sens du timing, c’est le moment qu’il choisit pour venir nous voir avec une glacière de bières bien fraiches. Son fils m’en propose une gentiment. Petit apéritif improvisé dans le Bush. Parfait.

L’oasis où j’ai dormi

Une fois rentré à la ferme à peine le temps de prendre une douche et de manger les burgers maisons que Lachy avait préparé que je suis au fond de mon lit prêt à dormir. Réveil réglé à 6h pour le lendemain.

La deuxième journée de travail est bien productive, on continue de raccorder puis d’installer l’énorme citerne. À 16h la mission est accomplie. Lachy est satisfait, James aussi, on a été rapide.

Petite photo avant de partir après deux jours dans le bush

Sur le chemin de la ferme pour charger nos affaires on croise le plus jeune fils de James, à peine 10 ans, au volant d’un gros pick-up, on ne voit pas sa tête mais on aperçoit seulement son chapeau de CowBoy qui dépasse. Sacrée famille. Lachy me regarde avec un grand sourire. On charge les affaires, on boit quelques bières pour marquer le coup on dit au revoir et on repart pour une heure de route dans le bush direction Hillston. Lachy me fait remarquer un gros serpent sur le chemin. Je ne suis pas mécontent d’être dans la voiture. On croise encore quelques kangourous mais aussi des autruches puis on arrive à Hillston devant la maison de Lachy.

Là m’attendent deux employés de l’entreprise de Griffith la ville où se trouve mon auberge. Après m’avoir amener deux jours plus tôt, deux autres employés super sympas me ramènent à mon auberge. À mi-chemin ils s’arrêtent dans un bar ancien s’acheter deux bières à emporter. Ils m’expliquent que le bar en question est réputé pour avoir le comptoir le plus haut du pays car il n’a pas été changé depuis l’époque où les pionniers australiens venaient boire leurs verres à cheval. L’anecdote me fait bien rire et en effet une fois rentré dans l’établissement le comptoir doit bien faire 1m70. On ne s’éternise pas et on reprend la route. À 21h je suis de retour à mon auberge bien fatigué mais ravi d’avoir pu vivre une telle expérience au cœur du bush australien. Des souvenirs plein la tête je ne tarderais pas non plus à dormir ce soir.

La suite des aventures très bientôt!

Blue Mountains

 

The Blue Mountains

N’ayant plus de nouvelles de mon boulot, et commençant à me lasser du côté très grosse ville de Sydney, je décide d’aller me faire une randonnée aux Blue Mountains. Ce sont des petites montagnes qui se trouvent à 2 h de train de Sydney. Je sympathise avec un couple de retraités Australiens dans le train, ils m’expliquent qu’ils font parti d’une des premières générations d’immigrés venus d’Angleterre. Après quelques blagues sur le faite que je sois français (Froggy), ils m’indiquent le bon arrêt pour avoir le meilleur point de vue. Je leur dis au revoir et je prends un des chemins de rando, c’est parti pour 6h de marche !

Le paysage est vraiment impressionnant. Ça me fait penser à certains paysages américains. Le chemin de randonné a été taillé dans la falaise, et se poursuit jusqu’en bas de la vallée mais il est très long et il faut penser au retour.

Voilà le banc avec le point de vue où je me suis arrêter pour manger, plutôt agréable et dépaysant.

Le point de vue de mon déjeuner

Le chemin est parsemé de cascades que l’on voit d’en haut au début de la ballade puis de plus en plus bas au fur et à mesure que l’on descend ce qui est d’autant plus impressionnant.

Cascade Blue Mountains

Petite anecdotes :

1) Voilà une petite photo de moi quand même, pour la petite histoire c’est une touriste qui m’a proposé de me prendre en photo avec mon appareil, ce qui explique peut être le fait qu’elle soit un peu moins réussi que les autres. (Rires)

Moi au Blue Mountains

2) Sur la falaise à côté de la cascade je remarque qu’il y a un grand nombre de perroquets blancs qui traversent la vallée pour se regrouper sur un seul arbre. Je décide de descendre d’avantage pour voir ce qu’il s’y passe. Une fois arrivé sur place les cris des Perroquets sont vraiment forts et plutôt curieux. En observant de plus près j’aperçois sur une branche trois perroquets, deux en plein accouplement et un autre faisant le guet. C’est donc la saison des amours pour nos amis perroquets. Première fois que je vois des oiseaux s’accoupler, et qui plus est des perroquets. C’est très particulier. Essayant de prendre une photo je me fait repéré par le perroquet qui tenait la chandelle. Il me fixe avec ses grands yeux, puis tourne la tête. Ouf, je craignais une attaque. Au même moment une ravissante américaine d’une vingtaine d’années vient à ma rencontre et me demande s’il y a quelque chose d’intéressant à voir. Un peu gêné je lui explique la scène avec un anglais un peu maladroit ce qui renforce l’aspect comique de la situation. Elle rigole et me dit que je suis très chanceux.

Les fameux perroquets

Les 6 heures de marches m’ont épuisé, il est temps de rentrer, je dormirais bien ce soir.
La suite des aventures très bientôt!

Sydney

Premier jour je décide de profiter du beau temps pour me balader jusqu’à l’opéra. Le centre d’affaire de Sydney est assez commun à celui des autres grandes villes mais la différence est qu’en à peine 5 minutes on peut se balader sur Circular Quay et voir le front de mer entre Harbour bridge et l’opéra. Comme tous les monuments « Cartes postales » mondialement connus, la première vue de l’Opéra de Sydney est assez magique.

Darling Harbour est un autre endroit où il fait bon se balader les jours de soleil. J’y ai vu la finale de Footy (Football Australien sport Aussie par excellence entre le Rugby et le football) sur écran géant dans une ambiance super conviviale. C’est aussi ici que j’ai usé ma voix et mes doigts sur ma guitare pour gagner quelques dollars.

Petit topic biodiversité. Ici les mouettes sont assez semblables à celles que l’ont trouve en France, peut-être un peu plus petite et avec plus de rouge à lèvre sur le bec. Par contre, le plus surprenant pour l’étranger que je suis, c’est le pigeon local, l’Ibis ! La taille du volatile est plutôt impressionnante comparée à ce que l’on peut trouver dans les jardins publics en France.

Sydney est une ville très agréable à vivre mais plutôt chère et quand on est un backpacker comme moi parti sans grosse fortune il devient assez vite une nécessité de trouver un job ou de quitter la ville pour voyager. Avec un peu de chance et pas mal de négociations je réussis à travailler cinq jours d’affiler en temps que déménageur pour trois patrons différents. Avec un peu d’argent en poche mes plans changent, je décide de rester un peu plus sur Sydney et d’économiser pour acheter une voiture plus tard.

Deuxième Week end!

Après avoir observé la maitrise des allemands de mon auberge en matière de cuisine, je leur propose qu’on cuisine tous ensemble pour faire un grand repas. Les Français rencontrés sur place plus les allemands et leurs amis nous voilà près d’une dizaine attablés sur la terrasse de l’auberge. Repas excellent, carottes, poireaux, purée maison et poulet. La guitare était de sortie, super soirée !

Watsons Bay

Le lendemain de la soirée nous décidons avec les 3 français de l’auberge de partir avec Frances (le nom d’une des allemandes), à Watsons Bay. Histoire d’aller un peu plus loin que le port et de voir la mer. L’endroit se trouve à environ une demi heure de bateau du centre ville.

Pour le breton que je suis la simple vue de la mer a été un vrai bonheur. La météo était parfaite, la plage et la petite ballade aussi.

Première sortie en bateau bus pour voir la côte

Le lieu était idéal pour une petite sieste avec vue sur le bourg.